Philippe Galzin, 72 ans, natif d'Alès mais installé au Merlet à Pont-de-Monvert en Lozère, s'apprête à vivre sa treizième finale de Coupe du monde de football, en juillet prochain à New York. Propriétaire de chambres d'hôtes avec sa fille, ancien agriculteur, il a parcouru le globe pendant un demi-siècle pour assister à plus de 100 matches de phases finales.
De l'Allemagne de l'Ouest à l'Argentine : les débuts d'une passion
Tout commence en 1974. À 20 ans, Philippe Galzin part en stop pour l'Allemagne de l'Ouest, invité par des amis habitant près de Munich. "Au départ, il n'y a pas d'idée du tout. En 1974, j'ai simplement des amis qui habitent à côté de Munich et je leur dis que je viendrai voir la Coupe du monde chez eux", confie-t-il. Ce premier Mondial lui offre une finale dont il achète le billet au guichet le matin même. En 1978, il part sept mois en Argentine avant la compétition avec un ami. "L'Argentine, c'est le pays de la passion du football ! Pelé a même eu droit à une standing ovation. Quand on sait à quel point les Argentins haïssent les Brésiliens, on a du mal à s'imaginer", se souvient-il.
Des souvenirs forts et une douleur persistante
Parmi ses meilleurs souvenirs, la demi-finale Italie-Argentine à Naples en 1990. "Tout le stade était pour l'Argentine… parce que Maradona. C'était un phénomène, d'ailleurs c'est mon joueur préféré." Son pire souvenir est sans conteste la finale de 2006, France-Italie, marquée par l'expulsion de Zidane. "Je n'ai pas vu le coup de boule, j'ai juste vu l'arbitre sortir le carton rouge. De toutes les finales auxquelles j'ai assisté, c'est la seule fois où je n'ai pas vu la remise du trophée. En 2022, je n'ai eu aucun regret. Mais, en 2006, j'avais les boules."
La collection de billets et la débrouille
Philippe Galzin conserve précieusement tous ses billets de Coupe du monde dans une simple enveloppe, du plus ancien au plus récent. Il regrette de ne pas avoir gardé les premiers. Aujourd'hui, il déplore la dématérialisation : "Je ne vais pas acheter une place à quelqu'un que je ne connais pas sur un téléphone. Par contre, si on me donne un billet papier et que je lui donne du pognon, là il y a un vrai contact." Sa méthode pour obtenir des places repose sur la patience, le contact et la débrouille. En 2002 en Corée du Sud, il a attendu plusieurs heures dans le hall d'un hôtel pour récupérer une place pour une demi-finale. Ces techniques lui ont aussi ouvert les portes de la Bombonera pour Boca Juniors-River Plate ou du derby londonien Tottenham-Arsenal.
Objectif finale 2026
Pour la finale 2026, Philippe Galzin se heurte à des difficultés : prix élevés et rareté des places. Il a lancé une campagne médiatique après un coup de pouce de Kylian Bertrand et envoyé un message direct à la Fifa. "Je ne veux pas qu'on me donne des billets, je veux acheter des billets !", insiste-t-il. Il s'envolera en juillet pour l'Amérique du Nord pour assister aux deux demi-finales et espère "remuer corps et âme" pour obtenir un sésame pour la finale.



