Paul Seixas, 19 ans, plus jeune coureur du Tour depuis 1937
Paul Seixas, 19 ans, plus jeune coureur du Tour depuis 1937 (04.07.2026)

À 19 ans et neuf mois, Paul Seixas sera samedi à Barcelone le plus jeune coureur à prendre le départ du Tour de France depuis 1937. La pépite de l'équipe Décathlon CMA CGM a officialisé sa participation début mai, après un printemps 2026 exceptionnel marqué par des victoires au Tour du Pays basque et à la Flèche wallonne, ainsi qu'une deuxième place sur Liège-Bastogne-Liège.

Une ascension fulgurante

Sa saison 2025 avait déjà attiré l'attention des spécialistes : top 10 au général du Dauphiné, podium aux Championnats d'Europe et 7e place au Tour de Lombardie. Mais son premier semestre 2026 l'a propulsé dans une autre dimension. Seixas a tenu tête à Tadej Pogacar sur les Strade Bianche (2e) et à nouveau sur Liège-Bastogne-Liège (2e), rivalisant avec celui que beaucoup considèrent comme l'un des plus grands cyclistes de tous les temps.

Un engouement populaire et médiatique

Le phénomène a mesuré sa popularité lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes en juin. « Il y avait quasiment l'affluence d'un Tour de France pour nous au pied du bus, le matin et le soir. Il y avait vraiment énormément de monde », confie Baptiste Ollier, directeur de la communication de l'équipe. Seixas multiplie les autographes et les photos, prenant « trois, quatre minutes avant et après chaque étape », selon Ollier, qui ajoute : « L'idée est de rester une équipe proche des fans. »

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Pour gérer l'affluence sur le Tour, Décathlon CMA CGM a engagé deux animateurs chargés de « gérer la foule et satisfaire les fans le matin et le soir, distribuer des goodies, etc. »

Une pression médiatique sans précédent

La demande médiatique est également démultipliée. Depuis février, une attachée de presse dédiée, Dominique Issartel, ancienne journaliste à L'Équipe, gère les sollicitations concernant Seixas. « Dans le peloton, des coureurs qui ont des attachés de presse spéciaux, ça doit se compter sur les doigts d'une main », note Ollier.

Les demandes affluent de France, mais aussi d'Allemagne, du Mexique, des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Italie, d'Espagne, du Danemark et de Colombie. « On nous demande s'il peut faire le journal de 20h, avec les billets pris en charge… Tu peux payer tous les billets que tu veux, en fait, il n'a pas le temps ! », rapporte-t-on en interne. L'attention s'est même portée sur ses grands-parents, qu'un journaliste de Paris-Match est allé interviewer dans leur petit village.

En amont du Tour, un seul grand entretien a été accordé, au magazine spécialisé Pédale. « C'était impossible pour nous de ne pas faire une couv' Seixas. Notre public attend ça depuis 40 ans », explique le rédacteur en chef Pierre Boisson. Les précommandes du magazine ont été multipliées par deux par rapport à 2025.

Un mental d'acier

Malgré cette pression, Seixas affiche une sérénité déconcertante. « Je ne me fais pas de souci pour lui, c'est un killer, sourit Pierre Boisson. Quand il parle de questions liées à ses potes, aux soirées auxquelles il ne va pas, tu entends la voix d'un ado. Mais le reste du temps, il a un charisme, une maturité hallucinante, et une capacité à gérer la pression. Je pense qu'il ne sait pas ce qu'est le stress. »

Nicolas Geay, dans l'émission Bistrot Vélo, prévient néanmoins : « Les 50 caméras tous les matins devant le bus, les chaînes d'info en continu, les reportages des JT de TF1, de France 2… ça va être ce qu'ont vécu Romain Bardet ou Thibaut Pinot puissance 10. [...] Même s'il a l'air très bien connecté là-haut, très équilibré, quand même, je pense qu'il va se le prendre dans la gueule. »

Reste à voir si le jeune prodige confirmera cette impression de maîtrise tout au long des trois semaines de la Grande Boucle.

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