Pau FC : la renaissance défensive sous Thierry Debès avant la réception de Boulogne
À la veille de la réception de Boulogne ce vendredi à 20 heures, le Pau FC respire à nouveau. L'équipe a enchaîné deux succès à l'extérieur sans encaisser le moindre but, ravivant une ambition qui semblait s'être éteinte. L'expérimenté défenseur du club revient sur ces dernières semaines marquées par le changement d'entraîneur et cette renaissance défensive.
Une solidité retrouvée qui fait du bien
Être la pire défense du championnat, quand on est défenseur, ce n'est jamais agréable, reconnaît le joueur. Surtout quand on était la meilleure après dix journées... Il y a eu des matchs difficiles où nous avons concédé beaucoup de buts, comme face à Dunkerque ou Saint-Étienne. Sans ces revers, je pense que nous serions parmi les meilleures défenses du championnat.
Le passage à un système à trois défenseurs, avec deux pistons et une sentinelle, a fondamentalement changé la donne. Cette organisation nous aide considérablement et nous subissons désormais moins d'occasions adverses. La transformation est palpable et bénéfique pour le moral de l'équipe entière.
Changement d'entraîneur : pas d'électrochoc mais une unité retrouvée
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, le départ de Nicolas Usaï n'a pas créé de choc psychologique négatif. J'ai trouvé l'atmosphère vraiment bonne à Laval, explique le défenseur. J'ai senti tout le monde concerné et le nouvel entraîneur, Thierry Debès, a immédiatement insisté sur le fait que nous devions aussi performer pour Nicolas Usaï.
Une unité s'est créée naturellement, sans qu'on puisse parler d'électrochoc. Il n'y a pas eu de sentiment de culpabilité chez les joueurs car le départ de Nicolas Usaï était un choix personnel, et non la conséquence d'une série de mauvais résultats. Thierry Debès a pris le relais avec beaucoup d'humilité et nous sommes désormais pleinement à la disposition du club.
La priorité défensive de Thierry Debès
Dès son arrivée, Thierry Debès a fait de l'imperméabilité défensive sa priorité absolue. Il s'est basé sur son expérience à Ajaccio lors de leur remontada la saison dernière, précise le défenseur. Je suis personnellement convaincu qu'une équipe qui termine parmi les meilleures défenses fera une bonne saison.
Le discours du nouvel entraîneur a été clair : avec la qualité offensive dont nous disposons, si nous ne prenons pas de buts, nous gagnerons les matchs. Tout le monde en a pris conscience. Quand nous sommes solides défensivement et que nous pouvons bien relancer le ballon, nous pouvons faire mal à n'importe quelle équipe.
L'objectif était de retrouver cette solidité défensive perdue après avoir encaissé 3 buts contre Rodez, 3 à Dunkerque, 2 contre Grenoble... Il fallait arrêter de donner des buts et cesser de se concentrer sur des détails qui nous faisaient perdre notre concentration collective.
Le succès à Laval : un tournant psychologique
Le succès à Laval (0-1) a été fondamental pour la confiance de l'équipe. Ce n'était pas forcément très joli à voir, mais cela nous a rassurés, admet le joueur. Après ne plus avoir gagné depuis décembre à Montpellier, un certain doute s'était installé.
Cette victoire a rassuré tout le monde et nous a permis d'aborder le match contre le Red Star avec ambition. L'émotion ressentie dans le vestiaire à la fin du match à Laval n'était pas anodine. J'ai senti tout le monde réellement heureux. Nous avons souffert mais nous avons résisté, et le groupe s'est dit qu'il était capable de refaire ce qu'il faisait en début de saison.
Un système de jeu qui s'installe progressivement
Le passage au 3-5-2, un système que Nicolas Usaï avait également utilisé ponctuellement, semble désormais s'installer durablement sous Thierry Debès. Il a en lui un système bien ancré, un projet de jeu clair, explique le défenseur. Ce n'est pas évident à mettre en place immédiatement, même si cela a bien fonctionné sur les deux premiers matchs.
Il y a encore des choses à améliorer, mais avec les résultats positifs, l'assimilation peut aller de plus en plus vite. Nous travaillons quotidiennement sur les déplacements, le rôle de chacun, et la communication qui est également très importante. C'est toujours difficile quand un entraîneur reprend l'équipe et change de système sans avoir beaucoup de temps. À Laval, il y a eu quelques hésitations, mais contre le Red Star, nous avons déjà montré plus de maîtrise.
Une ambition renouvelée pour la fin de saison
La Ligue 2 est un championnat de série, et le Pau FC vient d'en lancer une en se montrant particulièrement imperméable. Il y a quinze jours, nous étions encore focus sur le maintien, rappelle le défenseur. Aujourd'hui, nous sommes à trois points du cinquième. C'est factuel et il reste douze matchs.
Soit nous avons l'ambition d'aller chercher ces places au-dessus, soit nous faisons petit bras en nous contentant d'assurer le maintien. Pour moi, il faut aller chercher ces places supérieures. Si nous en avons l'opportunité, il ne faut pas s'en priver.
Nous recevons Boulogne, une très bonne équipe qui joue sa survie, et nous connaissons la difficulté de ces matchs. Ensuite, nous avons deux gros matchs contre des équipes qui sont devant nous (Troyes et Saint-Étienne) mais qui ont elles aussi des moments de doute.
D'une saison à l'autre, tout est différent. Aujourd'hui, nous avons l'opportunité d'être là. Qui va nous empêcher de rêver ? Il ne faut pas y penser constamment, prendre les matchs les uns après les autres comme le veut l'adage footballistique, mais il ne faut pas non plus s'interdire de rêver !