Le Medef relance le débat sur un 'smic-jeunes' face au chômage des non-diplômés
Smic-jeunes du Medef : polémique et réalité du chômage des jeunes

Le Medef relance une proposition polémique pour l'emploi des jeunes

Le 28 janvier, le Medef (Mouvement des entreprises de France) a évoqué, parmi diverses pistes, la création d'un « smic-jeunes » visant à favoriser l'emploi et l'insertion des jeunes non qualifiés ou très peu qualifiés. Cette suggestion a immédiatement ranimé de vieilles polémiques, avec la CGT qualifiant cette idée de « déclaration de guerre » et l'UNEF appelant la jeunesse à se mobiliser.

Un débat récurrent dans le paysage social français

Les postures sont bien rodées, et le spectre du contrat d'insertion professionnelle (CIP) d'Édouard Balladur en 1994 est réapparu comme un diable sortant de sa boîte. Pourtant, après un long et pénible débat budgétaire marqué par des choix peu porteurs d'avenir, comme sur les retraites, il est notable que l'on parle enfin de la jeunesse.

La situation alarmante des jeunes sur le marché du travail

Pour juger de la proposition du Medef, il est essentiel de rappeler la situation d'une partie de la jeunesse face à l'emploi. Selon l'Insee, le taux de chômage des 16-24 ans a certes baissé significativement depuis le début des années 1990, passant d'environ 25% à 18,6%. Cependant, cette baisse n'a bénéficié qu'aux diplômés, laissant de côté les jeunes les moins qualifiés.

  • Pour les jeunes sans diplôme, le taux de chômage a même fortement augmenté sur la même période, atteignant près de 33% aujourd'hui.
  • À de tels niveaux, la notion de taux de chômage perd de son sens, car de nombreux jeunes en déshérence ne sont plus comptabilisés dans la population active.

L'importance des indicateurs NEET pour mesurer la précarité

Les économistes préfèrent donc mesurer la proportion des 15-29 ans qui ne sont « ni en emploi, ni sous statut scolaire, ni en formation », connus sous l'acronyme NEET. Selon l'Insee, cette proportion s'établit à 12,5% à l'automne 2025, un niveau supérieur à celui de 2003 et deux fois plus élevé qu'en Allemagne.

  1. 72% de ces jeunes NEET ont un niveau de diplôme inférieur ou égal au bac, soulignant leur faible qualification.
  2. Les disparités territoriales sont criantes : près de 30% des 15-29 ans sont dans cette situation à La Réunion et plus de 20% dans plusieurs dizaines de bassins d'emploi métropolitains.

Cette réalité préoccupante montre que le débat sur le smic-jeunes du Medef touche à des enjeux profonds d'inégalités et d'insertion professionnelle en France.