Le 5 avril, après un insipide match nul (0-0) à Angers, les détracteurs de l'Olympique Lyonnais pouvaient se réjouir. Après avoir enchaîné treize victoires consécutives de mi-décembre à mi-février, l'équipe de Paulo Fonseca, alors sixième de Ligue 1, allait-elle réussir l'exploit de faire pire en alignant quinze matchs sans victoire pour terminer la saison, sans trophée et même sans qualification européenne ?
Un scénario cauchemardesque écarté
Trois semaines plus tard, ce scénario mi-cauchemardesque, mi-burlesque n'est plus d'actualité. Après une victoire poussive contre Lorient (2-0), puis un petit exploit sur la pelouse du Paris Saint-Germain (1-2), les Lyonnais ont confirmé leur retour au premier plan en battant Auxerre (3-2) ce samedi. Provisoirement seuls troisièmes au classement, avec trois points d'avance sur Lille, les hommes de Paulo Fonseca n'ont pas tout maîtrisé, mais ils ont mis la pression sur leurs quatre poursuivants les plus dangereux : Lille, Rennes, Marseille et Monaco, qui jouent tous plus tard dans le week-end.
Tolisso, encore essentiel en supersub
« Dans le football, il y a des moments qui boostent la confiance et d'autres qui en retirent. Là, nous finissons ce match avec une étrange sensation », résumait l'entraîneur lyonnais Paulo Fonseca. Il est conscient que le deuxième but d'Auxerre, inscrit par Bryan Okoh (87e), a fait douter son groupe durant les sept minutes de temps additionnel, même s'il estime avoir mérité un écart plus large. Face à l'AJA, la blessure aux ischio-jambiers d'Orel Mangala, revenu au meilleur moment de la saison comme homme fort du milieu lyonnais, rappelle la fragilité du renouveau de cette équipe. Cependant, Corentin Tolisso s'est montré décisif en tant que « supersub », comme contre Lorient, avec un but (66e) et une passe décisive pour Roman Yaremchuk (71e). « Cela fait extrêmement plaisir, on voulait valider le résultat du Parc des Princes, indique-t-il. Il fallait absolument gagner et tenir ce résultat à la fin, on l'a fait. »
Des montagnes russes
Cet enchaînement pousse son coéquipier Moussa Niakhaté à constater, tout sourire : « On est une équipe de dynamiques, entre nos treize victoires d'affilée, nos neuf matchs sans victoire, et là ces trois succès de suite ». Des montagnes russes qui verront ensuite l'OL accueillir Rennes (5e), se déplacer à Toulouse (12e), avant un final à domicile contre Lens (2e). Alors, les Lyonnais décortiquent-ils tous les calendriers des prétendants à cette troisième place, synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions, compétition que l'OL n'a plus goûtée depuis son épopée jusqu'en demi-finale en 2020 ? Corentin Tolisso explique : « J'essaie de ne pas trop le faire, car beaucoup de choses se passent dans la tête. Si le scénario n'est pas comme on veut... Je veux juste qu'on gagne nos matchs, me concentrer là-dessus, et après je peux prendre mon téléphone et regarder sereinement la situation de nos adversaires. Là, on va pouvoir regarder les autres matchs du week-end plus tranquillement, on a fait le job. »
Un sprint final sous tension
Dans ce sprint final acharné, selon Moussa Niakhaté, pilier de cet OL malgré une terrible série personnelle en Coupe le mois dernier, c'est « l'équipe qui a les nerfs les plus solides et qui aura le plus confiance en elle » qui parviendra à finir sur le podium. Corentin Tolisso tient à éviter qu'un retour en Ligue des champions, qui « serait un bel accomplissement » sept ans après, ne vire à l'obsession pour son club formateur : « La Ligue des champions est à la fois proche et loin. Il peut encore se passer énormément de choses en trois matchs. Il faut d'abord qu'on arrive à se qualifier pour la Ligue Europa [via la cinquième voire la sixième place], c'est l'objectif principal. »
À portée de tir du Losc, qui repasserait devant lui dimanche en cas de victoire par au moins deux buts d'écart sur le terrain du Paris FC, l'OL voit comme une chance le calendrier du week-end, qui lui a permis d'ouvrir le bal dès 15 heures ce samedi. « C'est sûr que c'est plus facile de jouer avant les autres, confie le capitaine Tolisso. On joue souvent le dimanche soir cette saison, et il y a plus de pression quand tu sais que ton concurrent direct a gagné. Dans ces cas-là, tu es obligé de gagner, tu n'as pas le droit à l'erreur. Maintenant, c'est aux autres de gagner s'ils veulent nous rattraper... » Puis l'OL devra être costaud le 3 mai (20h45), en défiant en prime time le Stade Rennais, potentiellement dans la peau du chasseur de podium.



