National 2. C’est officiellement la crise, encore, au sein de Nîmes Olympique : le président de l’Association, qui gère les catégories de jeunes, a jeté l’éponge ce jeudi soir… Tensions et divisions suite à l’éviction de l’entraîneur Mickaël Gas.
Une vague d’incompréhension et de colère
Ça y est, c’est officiellement la crise. Encore. « La profonde incompréhension », d’abord, de l’Amicale des anciens joueurs de Nîmes Olympique. « Un certain étonnement » pour le collectif Sauvons NO. « Une éviction injustifiable et contraire aux valeurs que nous pensions voir renaître » selon les “chefs d’entreprise de la première heure”. Depuis lundi et le limogeage de Mickaël Gas et de son staff, qui ont fini 2es de N2 à un point du promu Cannes, « avec une équipe reconstruite dans l’urgence qui a su redonner une âme, une identité et de la fierté au peuple nîmois », les communiqués de soutien se succèdent.
L’ultimatum des entrepreneurs
Convaincue que NO aurait plus de chances de monter la saison prochaine avec plus d’expérience et de vécu du haut niveau sur le banc, la direction du club et de la société (SAS) qui gère l’équipe première, incarnée par le duo Thierry Cenatiempo (président) – Anthony Dupré (vice-président) a pris une décision « juridiquement valable et légale, mais pas juste ». Paroles des entrepreneurs qui avaient permis de sauver le club l’été dernier en devenant mécènes, partenaires ou actionnaires. Et qui, aujourd’hui, posent un ultimatum : « Sans réaction claire et apaisante de la présidence dans les prochaines 48 heures, nous nous désolidariserons de cette gouvernance et retirerons immédiatement toute forme de soutien : partenariat, mécénat, engagement capitalistique… »
Le communiqué intégral des chefs d’entreprise : « Depuis le début de la semaine, une immense vague d’incompréhension et de colère traverse le peuple nîmois après la décision prise par la direction du Nîmes Olympique d’écarter son staff sportif, et en particulier son entraîneur nîmois, malgré des résultats que personne ne peut honnêtement contester. Deuxième de la poule C de National 2 alors que le maintien constituait l’objectif initial, le staff avait su redonner au club de la stabilité, de la crédibilité et surtout une âme. Match après match, un lien fort s’était recréé entre l’équipe, les supporters, les partenaires et toute une ville qui retrouvait enfin le sourire. Aujourd’hui, cette décision assumée par le Président Cenatiempo est peut-être juridiquement valable. Mais qu’une décision soit légale ne signifie pas qu’elle soit juste. Et c’est précisément ce que dénoncent les supporters, anciens joueurs, partenaires, actionnaires et acteurs économiques engagés dans la sauvegarde du club que nous représentons : cette éviction est injustifiable et profondément contraire aux valeurs que nous pensions voir renaître au Nîmes Olympique. Car chacun comprend qu’il ne s’agit pas uniquement d’un choix sportif. Beaucoup y voient l’influence d’une direction sportive qui ne supportait plus qu’un entraîneur nîmois, attaché à son territoire, indépendant dans ses choix et apprécié de tous, puisse obtenir des résultats tout en incarnant l’identité du club. Lorsque les partenaires et associés se sont engagés pour sauver le Nîmes Olympique, une promesse avait été faite : construire ENSEMBLE. Pour nous, ce mot signifiait écoute, concertation et respect des forces vives du territoire : partenaires, actionnaires, association de supporters, supporter, anciens joueurs et institutions locales. Aujourd’hui, force est de constater que cette promesse s’efface derrière une gouvernance solitaire, verticale et fermée. Puisque nos alertes et nos demandes de dialogue restent sans réponse, nous faisons désormais le choix de nous exprimer publiquement. Non par volonté de conflit, mais parce qu’il devient impossible de rester silencieux lorsque l’identité, les valeurs et l’équilibre même du club sont menacés. Nous refusons catégoriquement de revivre les erreurs du passé : un fonctionnement basé sur les décisions imposées, l’autorité sans partage et l’effacement progressif de l’identité nîmoise du club. Le Nîmes Olympique appartient avant tout à son peuple. C’est pourquoi sans réaction claire et apaisante de la présidence dans les prochaines 48 heures, nous considérerons que ni les partenaires, ni les associés, ni le peuple nîmois que nous représentons ne sont entendus. Dans ces conditions, nous nous désolidariserons publiquement de cette gouvernance et retirerons immédiatement toute forme de soutien : partenariat, mécénat, participation financière ou engagement capitalistique. Le peuple nîmois ne demande ni des promesses irréalistes, ni une montée imposée à marche forcée. Il demande simplement du respect. Le respect de ses valeurs, de son identité, de ses enfants formés au club. Nous voulons continuer à voir des familles heureuses dans les tribunes, vibrer ensemble avant, pendant et après les matchs, et reconstruire durablement ce club avec sincérité, patience et passion. Parce que l’avenir du Nîmes Olympique ne se construira jamais contre son peuple. Il se construira avec lui. Les chefs d’entreprise de la première heure… »
Anthony Dupré, le contrat du directeur sportif dénoncé
À 15 jours – 3 semaines du passage devant la DNCG, cela ferait désordre. Le film Nîmes Olympique continue. L’empire croco contre-attaque. Avec un nouvel épisode en prime time ce jeudi soir : selon nos informations, l’Association, qui a la charge des catégories de jeunes, a réuni son comité directeur. Et, coup de théâtre, son président depuis fin 2017, Yannick Liron, a démissionné en début de réunion ! La raison ? Les autres membres (ils sont 5) entendaient dénoncer le contrat de prestation de services d’Anthony Dupré. C’est-à-dire ne pas le renouveler pour la saison prochaine. Pour des raisons de restriction budgétaire, et parce que l’argent dévolu à l’Association, notamment l’argent public, doit servir à la formation des jeunes et pas à la rémunération d’un directeur sportif. Les 5 élus ont donc mis fin à ce contrat, d’un montant de 50 000 € environ, prise en charge du loyer de M. Dupré compris, selon nos sources. Et mis fin à la présidence Liron. Le trésorier actuel, Loïc Aparicio, est pressenti pour lui succéder, mardi en conseil d’administration. C’est l’implosion.
Coaches, joueurs, le point sur l’effectif
Ils restent. Salamone, Dias (gardiens), Loubacky, Dramé, Caoki, Doucouré, Diallo (défenseurs), Pires, Benhamza, Coulibaly, Orinel, Khalid (milieux), Touré, Bennour (attaquants). En attente. Kedvesi (g.), Martinez (accord à valider), Depres (qui doit donner sa réponse), Diaby. Ils partent. Pas conservés : Alberto, Sarr, Kubota, Khasa. Ils veulent aller plus haut : Célestin et Sylla. Le staff. Le nouvel entraîneur n’a pas été choisi. « On a reçu une trentaine de candidatures (dont celle de Patrice Beaumelle, NDLR), confie le président Thierry Cenatiempo. Quand je vois certains noms… Nîmes fait envie ! » Son directeur sportif Anthony Dupré précise : « Je commence l’écrémage. Je n’ai contacté ni Guégan, ni Helder Esteves, ni Revelli. Mais c’est fait pour Nicolas Soumah (38 ans), qui était entraîneur adjoint à Grasse. Il sera n°2. Il est travailleur et a l’exigence du niveau, comme joueur et comme coach ». La direction espère annoncer le nouveau staff début juin. Reprise de l’entraînement le 25 juin (si L3) ou le 6 juillet (si N2).



