Nicolas Elissondo, le joyau basque qui fait trembler la Pro D2
Nicolas Elissondo, joyau basque de la Pro D2

À défaut de faire avancer le schmilblick, voire de rendre le verdict de la lutte pour le maintien, la semaine de coupure de Pro D2 a permis une chose : dévoiler à la France du rugby le dernier joyau du Pays basque, Nicolas Elissondo, 22 ans. Son essai en toute fin de match contre Colomiers (31-14) a fait le tour des réseaux, de Facebook pour les plus anciens à TikTok pour les jeunes pousses. De quoi valoir à l’ailier du BO un article en première page du site officiel de la Pro D2 tout au long de la trêve, qui mentionne un « candidat au titre de plus bel essai de l’année ». Rien que ça.

Une action majestueuse

L’action vaut effectivement le détour. 78e minute et 30 secondes. Colomiers vient de réduire l’écart et d’ôter le bonus offensif aux Biarrots. Du moins c’est ce qu’on croit. « C’est travaillé. On annonce la bonne zone, le renvoi est parfaitement tapé par Edgar Retière. Et après, il y a l’exploit individuel de Nico (Elissondo), sourit Boris Bouhraoua. Son geste technique, la prise de balle à deux mains, c’est magnifique. » Le gamin d’Arbérats-Sillègue, à 5 km au nord de Saint-Palais, récupère le coup de pied de son ouvreur, en ajuste un à son tour par-dessus la défense, complètement mystifiée, et aplatit. « C’est juste puer le rugby. Il prend le ballon, il réaccélère, step extérieur, petit par-dessus récupéré. C’est du talent », félicite Mathieu Acebes, de seize ans son aîné.

Une éclosion tardive mais fulgurante

Les supporters biarrots se sont régalés, tout en étant frustrés. Ils regretteront deux choses cette saison : ne pas avoir vu jouer leur équipe de façon régulière et avoir dû attendre le mois de mars pour voir Nicolas Elissondo enfin enchaîner. Les deux essais en autant de rencontres en fin de saison dernière offraient pourtant déjà les plus grandes promesses. Mais il a fallu patienter pour retrouver l’Espoir avec les pros. La faute à deux blessures en début de saison, mais pas que. Son utilisation très tardive était avant tout une question de choix de Boris Bouhraoua, plus frileux à utiliser les jeunes qu’en fin de saison dernière. Quand Anoa Laurent, Yoni Tuataane ou Nicolas Elissondo crevaient l’écran sur les ultimes matches de 2024-2025, le manager s’est longtemps obstiné à faire confiance aux mêmes éléments, plus expérimentés, cette année. Même quand Yann Lesgourgues, Mathieu Acebes ou Arthur Bonneval tiraient la langue. À sa décharge, la pression du maintien n’a jamais été aussi intense.

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Un parcours semé d'embûches

Ce n’est pas la première fois que la trajectoire d’Elissondo est ralentie. Le Bas-Navarrais n’a éclos que très tard, en 2023, quand il a quitté l’US Saint-Palais pour les Espoirs de l’Aviron Bayonnais. L’expérience tourne court et le club ciel et blanc décide de ne pas le conserver. D’où le choix de s’éloigner de quelques kilomètres pour rejoindre le BO. Mais là aussi, il a fallu se montrer patient. « Faire un bon match en Espoirs ne signifie pas qu’on est immédiatement prêt pour le monde professionnel, rappelait en outre le manager biarrot. Moi, j’observe le travail sur toute la semaine. Nico avait besoin de temps et de maturité. »

Une fin de saison en conte de fées

La fin de saison a tout du conte de fées pour Elissondo. Essai et homme du match à Aurillac, nouvelle réalisation à Oyonnax (défaite 48-14), potentiel essai de l’année contre Colomiers… « Je suis super content pour le petit Nico parce que ça fait un moment qu’il cravache dur pour être à ce niveau-là, souligne Mathieu Acebes. J’aimerais lui rendre hommage parce que c’est un mec du cru, qui a le rugby dans la peau. »

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Des qualités complètes

Avec des qualités qui en découlent. Fulgurant balle en main, l’ailier ne laisse pas sa part au chien en défense, et se montre beaucoup plus solide que son gabarit longiligne ne peut le laisser imaginer. Mieux, et comme mis en évidence sur son essai contre Colomiers, le garçon sait parfaitement se placer et bondir pour aller chercher les ballons hauts. « Je dis souvent que le poste d’ailier est un des plus difficiles en termes de jeu parce qu’il faut être hypercomplet, pointe Mathieu Acebes. Il faut savoir jumper pour prendre les ballons, savoir jouer au pied, savoir se placer, savoir défendre quand ça arrive vite. On fait beaucoup, beaucoup d’efforts. Et aujourd’hui, Nicolas représente bien tout ça. »

Un avenir à sécuriser

Autant de qualités que le BO n’a pas encore sécurisées en faisant signer à son Espoir un contrat pro. Au-delà des amateurs de rugby, ses récentes super performances ont attiré l’œil de plusieurs clubs. En attendant, Nicolas Elissondo a toujours un maintien à sécuriser. Son essai contre Colomiers avait sauvé un point de bonus offensif capital. Titulaire pour la sixième fois de suite ce vendredi à Béziers, à lui d’aller en chercher quatre de plus.