Jacques Montclar, la voix du basket français, se confie avant les play-off NBA
Reconnaissable entre mille par sa carrure d'ancien joueur et sa voix qui résonne, Jacques Montclar nous reçoit au Cap d'Agde, loin des tumultes parisiens. Le consultant star de beIN Sports, fin prêt pour couvrir les play-off NBA qui ont débuté le 18 avril, partage avec passion son analyse de la compétition et son attachement viscéral à la région.
Un retour aux sources dans l'Hérault
Après des années à Paris, Jacques Montclar a choisi de revenir au pays de ses ancêtres. "Mon père est né à Servian, ma mère était Toulousaine. Le nom des Montclar vient des Hautes Corbières", explique-t-il. Propriétaire au Cap d'Agde depuis 1985, il a définitivement quitté la capitale il y a deux ans : "J'en ai eu ras le bol de Paris. Ici je connais tout le monde, je me sens intégré."
L'ancien meneur de l'équipe de France (201 sélections) s'implique même dans le basket local, suivant le club d'Agde qui joue la montée en N2. Son lien avec la région passe aussi par le rugby et l'ASBH : "Petit, mon père m'emmenait voir toutes les finales de Béziers au Parc des Princes."
Une carrière de consultant qui s'achève bientôt
Montclar a débuté comme consultant en 1992 sur TF1 pour les Jeux Olympiques de Barcelone, aux côtés de Philippe Louis et Thierry Roland. "Je suis passé à temps complet en 2007 quand Canal a obtenu les droits de la NBA", se souvient-il. Après le passage des droits à beIN Sports, Charles Bietry l'a appelé : "Je lui en serai toujours reconnaissant. Avec moi, les Qataris ont été d'une élégance incroyable."
Cette belle aventure prendra fin en septembre 2027 : "J'ai signé deux ans jusqu'en septembre 2027." Quant aux JO de Los Angeles en 2028, où il avait joué il y a 44 ans, il y retournera simplement comme spectateur.
Le métier de consultant a radicalement changé
"Il y a plein de choses qu'on ne peut plus dire aujourd'hui", constate Montclar. Il énumère quelques expressions devenues taboues : "'Pour un blanc il saute haut...' On ne peut plus le dire. 'Il a remis l'église au milieu du village...' Ça passe moins bien." Selon lui, les réseaux sociaux ont largement contribué à cette évolution.
Sur le plateau de NBA Extra, la quotidienne de beIN Sports, il préfère travailler de son côté : "En termes de vannes ou de bons mots, je ne prépare rien. Je préfère bosser deux heures minimum chaque jour."
Analyse des play-off NBA et pronostics
Montclar partira aux États-Unis le 31 mai pour couvrir les finales, avec peut-être Victor Wembanyama dans l'équipe française : "On a été gâté avec Tony Parker, Boris Diaw... mais alors Victor, ça dépasse l'entendement. Il est merveilleux ce gosse."
Pour ces play-off, il voit un favori clair : "On a rarement eu une saison avec un favori aussi clair : OKC (Oklahoma)." Mais il cite aussi San Antonio, Denver et les Wolves du Minnesota à l'Ouest, tandis qu'à l'Est, "Détroit a réalisé une saison fantastique" et "Boston a le statut de favori".
Sa finale idéale ? "San Antonio – Boston. Ce serait une merveille", s'enthousiasme-t-il. Bien que supporteur des Knicks de New York, il rêve d'un match à Boston : "C'est véritablement La Mecque du basket. Et le TD Garden est incroyable."
Pour le MVP de la saison régulière, il a voté Shai Gilgeous-Alexander devant Victor Wembanyama et Nikola Jokic. Quant à son cinq français idéal actuel, il cite : Victor Wembanyama (Spurs), Matthew Strazel (Monaco), Evan Fournier (Olympiakos), Nando De Colo (Fenerbahçe) et Nicolas Batum (Clippers).



