« Je fais le métier dont je rêvais quand j'étais gamin, en vivant de ma passion, et nous sommes là pour offrir du plaisir et des sourires aux gens qui viennent nous voir, pourquoi voudriez-vous que je fasse la gueule ? » La parole est cash, comme l'est le jeune homme. Par cette phrase, Kalim Zahaf justifie ce sourire indécrochable qui illumine son visage. Pas un sourire provocateur, vis-à-vis de ses adversaires qu'il met parfois au supplice via ses jaillissements, mais simplement le sourire d'un garçon qui aime son existence, qui donne et prend du plaisir en même temps.
Un capitaine de vie non désigné
Le portier du Pau Billère Handball aime surprendre. Pour commencer, peu de gens le savent, mais il est Suisse. Né à Genève sur une terre pas vraiment de handball ! « Hormis quelques clubs germanophones, on ne peut pas dire que le handball y soit un sport national », explique-t-il en riant. Alors, c'est de l'autre côté de la frontière qu'il s'y met, à l'âge de 5 ans à Rumilly, puis à Annecy jusqu'à intégrer le pôle à Chambéry avant de connaître deux saisons à Aix, en Starligue. Côté surprises, le gardien en rajoute une couche : « Vu que j'ai passé la majorité de ma vie en France, j'ai pris la double nationalité… » Des Français qui prennent la double nationalité Suisse, on en connaît des quantités, en revanche, l'inverse… Mais quand on est gardien de but, on est vraiment différent.
À tout juste 23 ans, et pour sa première saison en Béarn, il s'est finalement rapidement imposé comme un capitaine de vie non désigné du groupe : « Je suis d'un contact assez facile, je parle à tout le monde ? C'est vrai qu'à chaque fois qu'il faut organiser quelque chose, c'est moi qui m'y colle… Il faut d'ailleurs que je réfléchisse à ce que l'on va faire pour les gars qui vont arrêter en fin de saison. Si je ne m'en occupe pas moi-même (rire)… »
L'attraction béarnaise
Lorsqu'il a été contacté par le PBH, il a réagi comme sur un terrain : avec rapidité et efficacité : « C'était en décembre, mon agent est venu me voir à l'entraînement pour me dire que Pau Billère souhaitait me recruter, j'ai mis 5 minutes maximum avant de lui répondre "on fonce". » Deux ans auparavant, Billère était un bon souvenir pour lui, qui avait réalisé 28 arrêts dans les cages de Nancy lors des deux confrontations.
« J'ai vu que le club était en train de franchir un vrai cap, que ça recrutait du très bon niveau et que la formation était de qualité, donc j'ai foncé et je ne le regrette pas. » Pourtant, avec la franchise qui le caractérise, il avoue être surpris du classement actuel : « Honnêtement, j'étais certain que notre place était dans le top 5, mais de là à penser que nous serions leaders à 3 journées du terme… Des équipes qui nous étaient supérieures sur le papier et niveau budget ont mal démarré, on en a profité, sans rien voler. À présent, il faut qu'on aille au bout. Si je suis ici, c'est pour retourner en Starligue. »
Même si son début de saison a été compliqué, avec notamment cette blessure à l'échauffement lors d'un match de préparation qui a compromis les premiers mois de la saison. À son retour, le genou était toujours douloureux, et les débuts, timides : « j'étais même mauvais, et ça m'agaçait. Puis il y a eu un déclic face à Sarrebourg. » Dès lors, Zahaf est devenu un chouchou du public billerois, un public à qui il n'hésite pas à lancer une pique gentiment provocatrice : « Si on veut monter, ce sera l'affaire de tous, supporters inclus. Le Sporting plein, c'est génial, côté ambiance, c'est pas mal, mais un match dure 60 minutes. Il faudra faire du bruit pendant une heure, sans creux. » On vous l'a dit et même écrit, le Suisse est franc, mais toujours avec le sourire !



