Jules Favre, le caméléon capillaire du Stade Rochelais
Jules Favre, caméléon capillaire du Stade Rochelais

Habitué à changer de look depuis 2018, Jules Favre, 27 ans, raconte son évolution capillaire au fil de ses saisons au sein du Stade Rochelais, qui reçoit le Stade Toulousain ce dimanche (21 h 05).

Les débuts : une quête de style

« Je me suis toujours un peu cherché. Alors que Thomas Berjon a la même coupe depuis qu'il a 11 ans et il n'en changera jamais, parce qu'il n'a pas de personnalité – ça, c'est un autre problème (rires). » Depuis ses premiers pas en professionnel, en 2018, à 19 ans, Jules Favre a souvent changé de coiffure. En janvier, le Rochelais, 27 ans aujourd'hui, les a fait défiler pour nous. « Au final, c'est plus qu'une coupe de cheveux parce que si tu n'es pas bon, on met ça sur son compte », dit-il. Or, en cette saison dédiée au mulet, « Jeff », souvent à son avantage, n'a pas à se plaindre. « Mais je ne suis pas trop excentrique », précise-t-il. Plus jeune, il avait « les cheveux longs presque jusqu'au milieu du dos. C'est plus du laisser-aller. Mon image, je m'en fous. Je suis avec ''Mel'', ma copine, depuis huit ou neuf ans, j'ai ma petite fille, je n'ai pas besoin d'être beau au quotidien (sourire). »

Automne 2018 : la coupe rasée

Le 6 octobre 2018. « Ça avait repoussé. J'avais été rasé à l'intersaison par les gars, mon spectacle avait été plutôt minable. Pierre Aguillon m'avait fait une jolie paire de lunettes derrière la tête. On devait garder nos coupes et revenir avec à l'entraînement du lundi avant de pouvoir les raser. Le week-end, chez ma copine en Dordogne, au bout d'un moment, ma belle-mère me dit : ''Jules, tu as les lunettes derrière la tête !'' Tout le monde a rigolé. C'était tellement bien fait, c'était la spécialité de mon Pierrot… »

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Hiver 2019 : la transition Justin Bieber

Le 29 décembre 2019. « Je m'étais mis en tête de les faire pousser. Ça prenait forme ; là, je suis en mode Justin Bieber, je les mettais sur le côté parce que je ne pouvais ni les attacher, ni les laisser devant les yeux. La transition n'était pas top. Je n'avais pas tenu. »

Été 2020 : les cheveux longs en période Covid

Le 5 septembre 2020. « Ma première fois en pro avec les cheveux longs. Le Covid est passé par là, j'étais dégueulasse, les cheveux bien agrippés. On avait la même coupe avec Pierre Aguillon. ''Mel'' aimait bien mais moi, je ne me trouvais pas top, ça n'a donc pas duré longtemps. C'était chiant, surtout pour moi qui suis au four et au moulin dans les rucks, aux plaquages, ça revient dans les yeux. Les gars se moquaient tous de moi, ça ne se faisait pas du tout dans le rugby. J'avais 21 ans, j'étais encore un jeune, mais ça allait, vu qu'il y avait mon Pierrot. Mais même Ronan (O'Gara) me mettait des pièces, ça mettait quand même un peu la pression. »

Automne 2021 : la coupe aérodynamique

Le 30 novembre 2021. « Les cheveux de nouveau sur le côté, assez courts, la barbe de mieux en mieux. Ça, c'est quand je fais ma grosse saison 2021-2022 : dégradé propre, les cheveux pas trop longs au-dessus, la barbe bien taillée. La coupe était aérodynamique, j'allais vite, je marquais des essais (rires)… »

Printemps 2023 : le bandeau après une blessure

Le 22 avril 2023. « En muscu, je me chope l'arcade avec un poids de 5 kg. J'ai eu trois points de suture dans le sourcil mais on jouait le week-end, il fallait un bandeau. Je crois que je fais un match de fou… Du coup, on est parti sur bandeau - strap au coude (rires). C'est 2022-2023, j'étais en forme, aussi : je ne prenais pas de pièces parce que je faisais des bons matchs. Les gars me disaient même de ne pas oublier le bandeau. Mais ça allait plus loin : n°12, je le mettais, pas si je jouais 13 ou à l'aile. En 2024, avec l'équipe de France en Uruguay, je suis à l'aile, sans bandeau. Tout le monde était déçu (rires). »

Été 2024 : le retour au mi-long

Le 30 août 2024. « Je reviens sur du mi-long, en pensant ''on laisse pousser et on verra''. J'ai 25 ans, je ne prends pas de réflexions si ce n'est des petits ''Jeff, tu ne ressembles à rien'' par les copains. Je ne pouvais pas encore les accrocher, les transitions, ce n'est pas top. »

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Automne 2024 : l'arrivée du mulet

Le 5 octobre 2024. « Le mulet est déjà là, je me suis dit que de toute façon, ça allait finir comme ça, l'histoire. La barbe est pas mal, fournie. Je ne me suis jamais rasé, même si j'ai eu une période moustache. »

Hiver 2024 : la queue-de-cheval

Le 21 décembre 2024. « Je commençais à les attacher, avec une petite queue-de-cheval haute. J'étais en pleine pubalgie, dans la difficulté, limité à 28 km/h mais j'avais fait un match pas mal. Ma copine était contente, c'était propre, ça ne me dérangeait pas plus que ça, mais j'avais quelques réflexions de Paul (Boudehent), ''Toto'' (Berjon)… les bons mecs, quoi (sourire) ! »

Automne 2025 : la moustache mulet

Le 2 novembre 2025. « Moustache mulet, c'est complètement agressif (rires). Avant de me faire opérer [de sa pubalgie], je fais le mulet chez le coiffeur ; tout le monde me regarde un peu en mode ''waouh, qu'est-ce que tu as fait ?'' J'avais ce petit truc derrière la tête. Une première fois, ma copine ne voulait pas mais là, il ne fallait pas que je passe à côté. Je suis revenu avec un mulet et une permanente (rires). Elle m'a dit : « Je m'en doutais, mais ça va. » Mais je ressemblais à Jean-Jacques Goldman, hyper long et bouclé au-dessus. J'y suis retourné et là, on n'est pas trop mal. Je pense que j'ai trouvé un truc et que vais rester un peu comme ça. Avant de rechanger. » De fait, le mulet est aujourd'hui plus court sur pattes.

Son évolution dans le vestiaire

« J'ai un rôle différent maintenant. Avant, j'étais jeune, insouciant, j'avais juste besoin de faire des bons matchs sans rien dire ni donner mon avis. Ça suffisait, j'étais content parce que des mecs plus âgés prenaient les choses en main et me permettaient de le faire. Aujourd'hui, ça ne suffit plus, des anciens sont partis, il faut trouver des nouveaux leaders. Derrière, même si on a des mecs qui galopent, il faut organiser ça. De nouvelles responsabilités m'ont été confiées, je vois les choses avec plus de hauteur. »

La Rochelle 8e/58 pts - Toulouse 1er/82 pts. Lieu : La Rochelle (stade Marcel-Deflandre). Horaire : Dimanche, à 21 h 05. Arbitre : M. Bru (Occitanie). Match aller : 60-14. En direct sur Canal+ et sudouest.fr.