Franck Haise, remercié par l'OGC Nice en janvier 2025, s'est confié sur son passage difficile sur la Côte d'Azur dans le podcast Kampo de Smaïl Bouabdellah. L'actuel entraîneur du Stade Rennais a livré un témoignage franc sur cette période douloureuse de sa carrière.
Un choix guidé par l'humain
Après sept ans à Lens, Franck Haise a choisi Nice à l'été 2023, séduit par le rapport humain avec Jean-Pierre Rivère et Fabrice Boquet. « Le rapport que j'ai à Nice avec Jean-Pierre Rivère et Fabrice Boquet, que je rencontre sur Nice, est très bon. Et très vite, ils me disent qu'ils veulent que ça soit moi », raconte-t-il. Il savait que le contexte avait changé avec le rachat de Manchester United par INEOS, réduisant les moyens niçois. Malgré les difficultés, la première saison fut encourageante : les Aiglons terminent quatrièmes et accèdent aux barrages de la Ligue des Champions.
L'engrenage de la deuxième saison
L'été suivant, le mercato est chaotique : « C'est la première fois qu'il y a autant de joueurs qui ne passent pas la visite médicale sur du recrutement », se souvient-il. Dès septembre, Haise prévient ses dirigeants des risques de jouer le maintien plutôt que l'Europe. L'élimination en barrage de la Ligue des Champions face à Benfica aggrave la situation, et les blessures s'accumulent, privant l'équipe de ses défenseurs centraux titulaires.
Sentiment de solitude et agacement
Plus que les résultats, c'est l'absence de communication institutionnelle qui ronge Haise. Il aurait souhaité que le club partage ouvertement la réalité de la saison avec les joueurs et les supporters. « J'ai passé ce message-là, je l'ai passé plusieurs fois. Mais oui, ça aurait été bien que ça soit peut-être partagé, relayé », déplore-t-il. Ce silence l'a épuisé, lui faisant perdre énergie et lucidité. « En tant qu'entraîneur, je pense que je n'avais plus assez d'énergie positive », admet-il.
L'incident du bus
Un moment charnière survient après une défaite à Lorient : des supporters en colère montent dans le bus de l'équipe. « C'est violent. Ça a un peu secoué », témoigne Haise, citant des joueurs comme Terem Moffi et Jérémy Boga qui ont quitté le club suite à cet incident. Bien que sorti sans encombre, le choc psychologique est profond. « On peut entendre des messages. Mais ce n'est pas cette façon-là qu'on va les entendre », souligne-t-il.
Un départ négocié à l'amiable
Quelques semaines plus tard, après la trêve hivernale, le président Rivère l'appelle. Haise avait envisagé de démissionner mais ne voulait pas abandonner son groupe. Finalement, un accord est trouvé rapidement. « Pour le club aussi, il y a besoin certainement d'une énergie plus forte pour mener à bien les cinq derniers mois. Et en l'état actuel des choses, si je suis honnête, il m'en manquait », confie-t-il. Il part sans rancœur, gardant de bons souvenirs malgré tout.



