Le football gaélique français à l'honneur avec Burdigaela Bordeaux-Blanquefort
Le club de football gaélique Burdigaela de Bordeaux-Blanquefort connaît une saison 2026 exceptionnelle. Alors que son équipe masculine avait remporté le championnat de France en 2019, c'est désormais au tour de la section féminine de briller en décrochant pour la première fois le championnat fédéral, prélude au championnat de France qui a débuté le 4 avril.
Un club aux racines irlandaises profondes
Fondé en 2013 par Jean-Philippe Meunier, un passionné de l'Irlande, avec le soutien de Francis Jackson, propriétaire du pub irlandais Connemara, le club Burdigaela s'entraîne au stade de Breillan à Blanquefort. Son blason arbore fièrement le pont Chaban-Delmas, inauguré la même année que la création du club.
Les buts fixes utilisés par le club ont une histoire particulière : ils ont servi pour la première rencontre internationale de football gaélique jamais organisée, un France-Italie en 2014 à Toulouse. Fournis par la fédération irlandaise GAA (Gaelic Athletic Association), ces buts étaient restés entreposés au Stadium de Toulouse avant que le club girondin n'en hérite.
Un sport hybride aux règles uniques
Le football gaélique présente des caractéristiques qui le distinguent nettement du football et du rugby traditionnels. Les buts, dont la silhouette évoque les deux sports, comportent une base semblable à une cage de football surmontée de poteaux en forme de H.
Le système de points est particulier : une frappe entre les perches rapporte un point, tandis qu'un but au fond des filets vaut trois points. Contrairement au rugby, il n'y a ni plaquages ni hors-jeu. Le porteur de balle ne peut effectuer plus de quatre pas consécutifs et doit soit faire rebondir le ballon au sol (le « bounce »), soit jongler avec le pied pour se le renvoyer dans les mains (le « solo »).
Des performances sportives remarquables
L'équipe masculine, entraînée par Baptiste Lézin, Kévin Jaux et l'international Antoine Mania, compte une cinquantaine de licenciés dont un Irlandais du comté de Kerry. Champions de France en 2019, ils ont cédé depuis leur titre à Nantes.
Le 7 mars 2026 à Agen, l'équipe féminine coachée par Antoine Ansevin a réalisé une performance historique en terminant en tête du championnat fédéral devant Paris Gaels. Cette compétition rassemble toutes les équipes françaises, excepté celles de Bretagne qui disposent de leur propre championnat.
Le championnat de France 2026 en perspective
Le 4 avril, toutes les équipes se sont retrouvées à Lorient pour la première journée du championnat de France. Les Bordelaises ont terminé deuxièmes après un parcours impressionnant :
- Victoire 19-5 contre l'entente Brest/Rostrenen
- Victoire 36-1 contre Agen
- Victoire 14-2 en demi-finale contre Clermont-Ferrand
- Défaite 10-13 en finale contre Rennes, championnes en titre
Douze équipes participaient à cette compétition dont les finales se dérouleront le 20 juin à Clermont-Ferrand pour toutes les divisions, hommes et femmes confondus.
Une identité visuelle et des sponsors emblématiques
Les maillots du club, présidé par Loïc Raphaël, arborent un scapulaire et se déclinent en bordeaux et bleu marine, rappelant à la fois les Girondins de Bordeaux et l'Union Bordeaux-Bègles. Le sponsor principal est Molly Malone's, le pub irlandais du quai des Chartrons.
Les entraînements se déroulent le lundi soir à Blanquefort et le jeudi à Bordeaux-Lac. Le club bénéficie régulièrement de la participation d'étudiants irlandais du programme Erasmus qui viennent étoffer l'effectif.
La dimension internationale du football gaélique français
L'équipe féminine compte douze joueuses dont trois Irlandaises : Pamela Walsh, Aisling Fee et Estelle Reeves Long. Ces dernières font partie de la France Irish ladies gaelic football team, une sélection récemment créée qui participera du 13 au 17 juillet aux prestigieux GAA World Games à Waterford.
Fanny Lézin, capitaine de Burdigaela et membre de l'équipe de France, témoigne de la popularité du sport en Irlande : « Il y a des terrains de football gaélique dans tous les villages, dans des sites parfois incroyables, au bord de l'océan, comme à Galway. »
Jean-Philippe Meunier, fondateur du club, souligne le paradoxe de ce sport : « Les Irlandais sont vraiment trop forts, pour l'instant... », expliquant qu'il n'existe pas d'équipe nationale irlandaise faute d'adversaires à sa mesure.
Pourtant, le niveau français ne cesse de progresser. En septembre dernier, Rory Grugan, l'une des stars du football gaélique, a effectué une tournée des clubs français et s'est montré impressionné par l'engouement local. Il a même confié : « Quand je vais rentrer en Irlande et que je vais dire que le football gaélique est joué par des Français, personne ne va me croire. »
En France, les règles diffèrent légèrement : les garçons jouent à onze tandis que les filles évoluent à neuf. Le stade de Blanquefort dispose également de buts mobiles sur roues pour s'adapter aux différentes configurations de jeu.



