Depuis 2008, Fabien Lévêque, journaliste à France TV, commente les finales de la Coupe de France. Accompagné de l’ex-Niçois Loïc Rémy en consultant, il sera au rendez-vous ce vendredi soir sur France 2 pour RC Lens - OGC Nice au Stade de France (coup d’envoi à 21 heures).
Un dispositif exceptionnel pour la finale
Fabien Lévêque détaille le dispositif mis en place : « Ça va être une grande journée, une grande soirée foot sur les antennes de France TV. On prendra l’antenne aux alentours de 17 heures pour la rendre à quasiment minuit. Ça commencera par la Gambardella avec les jeunes du PSG qui affrontent Montpellier. Ensuite, il y aura la grande soirée Coupe de France avec cette finale Lens - Nice. On va même prolonger la soirée après la remise de la Coupe sur notre chaîne sport et la plateforme, avec un débrief en direct. » Pour France TV, la finale est un rendez-vous incontournable, une fête du football dans un stade magnifique.
Des contextes radicalement différents
Lens et Nice abordent ce rendez-vous avec des situations opposées. « Lens va jouer pour gagner la première Coupe de France de son histoire après une super saison en championnat, tandis qu’à Nice, l’ambiance est plombée par la lutte pour le maintien, explique Lévêque. Je revois un peu le scénario de l’an passé avec Reims arrivé au Stade de France sans avoir la tête à disputer une finale. La grosse inconnue est de savoir si Nice aura la tête à ce match important, sachant que trois jours plus tard, il y a un barrage contre Saint-Étienne. Cela va forcément parasiter les esprits. »
Tomber dans la zone rouge au pire moment est le pire scénario pour l’OGC Nice avant cette finale. En face, Lens a rendez-vous avec son histoire. « On a l’impression que les planètes sont alignées pour Lens cette année, estime le journaliste. Les Lensois déploient un jeu exceptionnel, avec une équipe en phase avec son public et un coach qui correspond à la philosophie de la ville. La Coupe de France est devenue l’objectif prioritaire depuis des semaines. Lens est le seul champion de France à ne pas avoir gagné cette coupe, ils veulent réparer cette anomalie. »
Les chances du Gym : un exploit possible
Interrogé sur les chances de Nice, Lévêque se montre mesuré mais optimiste : « Sur un match, je crois que Nice est capable de gêner cette équipe. On l’a vu en championnat récemment avec un match accroché à l’Allianz Riviera (1-1, le 2 mai). Lens est grandissime favori, mais je ne donne pas Nice perdant avant le coup d’envoi. Claude Puel est un coach qui aime l’adversité et les défis. Les Niçois sont capables de faire un gros coup. Le tout est d’occulter mentalement le barrage face à Saint-Étienne. La difficulté est de faire comprendre aux joueurs que cette finale peut être un levier pour le barrage. Gagner la Coupe de France donnerait un énorme boost de confiance. À contrario, une défaite sévère pourrait compliquer l’abord des deux matchs face aux Verts. »
Un déséquilibre en tribunes
L’affiche sera déséquilibrée en tribunes. « C’est dommage qu’on ne puisse pas avoir suffisamment de Niçois au Stade de France, regrette Lévêque. Nice n’est pas favorisé par la finale un vendredi soir, c’est plus compliqué de se déplacer qu’un samedi. Les problèmes de trains pour acheminer les supporters sont aussi problématiques. Nice n’a pas vendu son quota de places : on aura peut-être à peine 15 000 Niçois contre plus de 50 000 Lensois. Ces derniers sont à deux heures du Stade de France et se sont rués sur les places grand public. L’avantage sera clairement pour Lens dans les tribunes. »
Loïc Rémy, consultant au cœur partagé
Fabien Lévêque commentera avec Loïc Rémy, ancien joueur des deux clubs. « La connexion avec Loïc s’est faite grâce à Éric Roy, raconte-t-il. Quand on cherchait un nouveau consultant pour succéder à Djibril Cissé, j’ai appelé Éric Roy. Loïc venait d’arrêter sa carrière, je lui ai demandé s’il pensait qu’il pourrait faire un bon consultant. Il l’a entraîné, le connaît parfaitement, et m’a dit que c’était un garçon intelligent. » Loïc Rémy a joué à Lens (janvier à juin 2008) puis à Nice (juillet 2008 à août 2010). « Ce sera une finale particulière pour lui, note Lévêque. Son cœur sera partagé. Dans les deux clubs, il a vécu de super moments. Son prêt de six mois à Lens l’a marqué à vie, tout comme son passage à Nice où il a explosé comme buteur. »
Le plaisir intact de commenter la finale
Commentateur de la finale depuis 2008, Fabien Lévêque confie : « Toujours le même plaisir. Aller au Stade de France, voir un stade aux couleurs des deux clubs, c’est magnifique. La Coupe de France reste une compétition mythique. Pour les joueurs, c’est un grand rendez-vous dans une carrière, et des souvenirs gravés à jamais pour les supporters. »
Quelle finale l’a fait le plus vibrer ? « Forcément, la victoire de Nantes en 2022, répond-il. J’ai grandi dans la région nantaise, j’ai vécu mes premières émotions avec le FC Nantes champion en 1995. Voir le club de mon enfance soulever un trophée et commenter cette finale était un sentiment particulier. Pendant le match, on enlève le costume d’aficionado, on n’est pas partisan. Et ce jour-là, Éric Roy à côté de moi, pur Niçois, l’avait un peu mauvaise à la fin ! »



