Fabien Bréard, l'artisan de la préparation mentale à Nîmes Olympique
Au centre d'entraînement de la Bastide, Fabien Bréard, 53 ans, est à pied d'œuvre avec Nîmes Olympique. Depuis décembre, ce préparateur mental a profité l'ensemble des joueurs et du staff du club, apportant son expertise unique en vue des matchs cruciaux comme celui contre Hyères, samedi. Dans une interview exclusive pour Midi Libre, il dévoile sa méthode et sa vision.
Une collaboration née d'un réseau solide
Fabien Bréard explique comment il a rejoint Nîmes Olympique : "Quand j'intervenais au centre de formation de l'OM entre 2020 et 2022, j'ai rencontré Valentin Cenatiempo, le fils du président. Nous avons gardé le contact, et quand son père a repris Nîmes, Valentin m'a suggéré que mes services pourraient être utiles. J'ai été mis en relation avec le directeur sportif Anthony Dupré, et notre collaboration a débuté en décembre."
Profilaxion : un outil d'analyse innovant
En 2019, Fabien Bréard a créé Profilaxion, un outil d'analyse comportementale. "Il permet d'identifier le fonctionnement d'une personne, son mode d'emploi," précise-t-il. "Ce n'est ni un test de personnalité ni un outil psychologique, mais une analyse des comportements et des attitudes. Le cerveau, bien qu'il ne représente que 2% du poids corporel, consomme 20% de notre énergie. Sous pression, notre pilote automatique prend le dessus." L'outil, basé sur un questionnaire de 54 questions, est utilisé aussi bien dans le sport que dans l'entreprise.
Bréard se décrit comme un préparateur mental pragmatique : "J'aime être sur le terrain, à l'entraînement et en match, pour observer les réactions, la communication, le respect des consignes. C'est là que l'on trouve les leviers d'amélioration."
Un parcours atypique : de la banque au football
Né à Falaise en 1972, Fabien Bréard a suivi un chemin sinueux. "Après mon bac, je voulais faire de la psychologie, mais on m'a orienté vers des études plus sérieuses," raconte-t-il avec un sourire. "J'ai donc fait du droit, un BTS action commerciale, et j'ai travaillé dans la banque et les assurances. Puis, j'ai créé ma société, BFC SAS, tout en me formant au coaching et à la préparation mentale. Il me manquait des pièces du puzzle, alors j'ai développé Profilaxion."
Testé initialement sur des étudiants en psychologie du sport, l'outil a gagné en crédibilité grâce à une collaboration avec Nasser Larguet, directeur du centre de formation de l'OM, de 2020 à 2022. Depuis, Bréard a travaillé avec divers clubs, dont le PSG et Paris Atletico, ainsi qu'avec des entreprises. Actuellement, 35 personnes, dont l'ancien gardien pro Steeve Elana, sont formées à Profilaxion.
Analyse des performances et défis mentaux
Les trois premières semaines de Bréard avec Nîmes ont été marquées par trois victoires 2-0. Interrogé sur le match nul contre Saint-Maur, il commente : "Mon job n'est pas de garantir le résultat, mais de préparer le meilleur résultat possible et de réagir après. Contre Saint-Maur, j'ai noté un manque de communication avant et après le but égalisateur. Mon rôle est de corriger cela, mais ce n'est pas la fin du monde."
Il compare la situation à un avion en turbulences : "Ça bouge, ça plie, il faut rester ensemble et ne pas se figer, sinon les ailes cassent. L'objectif initial était le maintien, mais nous avons la chance de jouer la montée sans pression."
Reconnaissance et impact sur le groupe
Quand Pablo Martinez a souligné l'intervention de Bréard après une victoire, cela a confirmé l'utilité de sa méthode. "C'est super que les joueurs se soient approprié l'outil et s'en servent," se réjouit-il. Profilant à la fois les individus et le collectif, Bréard identifie des qualités comme l'énergie, la générosité et la volonté, mais aussi un défaut : "Il y a peut-être un manque d'orgueil. Beaucoup de leaders potentiels doivent s'autoriser à l'être. Maintenant, c'est tout droit !"
Cet article met en lumière le rôle crucial de la préparation mentale dans le sport professionnel, avec Fabien Bréard comme figure clé pour Nîmes Olympique dans sa quête de succès en National 2.



