Samedi après-midi, à 15 heures, au stade Serge-Trévisan de Sainte-Bazeille, les jeunes espoirs du SU Agen défient leurs voisins de l'Union Bordeaux-Bègles, champions nationaux en titre, pour une place en finale du Challenge de France. Conscients de l'enjeu, de l'adversité, mais aussi de leur potentiel, les Agenais abordent cette rencontre avec détermination.
Un entraînement de haut niveau
« Ça, c'est un entraînement de joueurs de haut niveau, qui vont jouer un match de haut niveau », déclarait Quentin Béthune, jeudi soir, à l'issue de la dernière séance d'entraînement des Espoirs du SUA. Le manager n'a pas caché sa fierté, lui qui n'a pas hésité à exprimer sa déception lorsque ses protégés n'étaient pas à la hauteur. L'inconstance a été le maître mot de leur saison, leur faisant manquer d'un point le Championnat de France après la première phase de poules, et marquant la seconde phase, achevée en deuxième position après une défaite sur la pelouse de la lanterne rouge biterroise.
Un groupe concerné
« C'est un peu à l'image de notre effectif, qui a été fluctuant, entre les gars qui ont été pris en pro et les blessés, résume Julien Gracia, l'entraîneur des lignes arrières. Mais ce soir, sur l'exigence et l'efficience, on a été au top. On sent les garçons concernés. » Le parfum des phases finales, sans aucun doute, et celui du premier match couperet de la saison, qu'ils ne souhaitent pas voir être le dernier. « On a pris conscience que c'était une demie », ajoute-t-il.
Face aux champions en titre
Sur la pelouse de Sainte-Bazeille, les Agenais défieront donc les Bordelo-Béglais, champions de France en titre. Après un début de saison difficile, l'UBB a bouclé la seconde phase de poule à la première place, avec cinq victoires pour une seule défaite. « Je pense qu'on a peur d'eux, confie Julien Gracia. À la vidéo, on a vu qu'ils avaient de grosses qualités, notamment devant et dans le jeu de mouvements. On a un peu la trouille et on se resserre là-dessus. »
Gommer les erreurs
Les Espoirs du SUA devront gommer l'indiscipline et les retards à l'allumage qui les ont pénalisés cette saison. « Il faudra réussir notre entame de match, prévient le centre et capitaine Luigi Marina. Dans les 10-20 premières minutes, on a souvent fait n'importe quoi, en prenant des essais casquettes et commettant des fautes bêtes. »
Mettre du volume de jeu
Ballon en main, ils ambitionnent de « mettre du volume de jeu. Ils ont un pack assez dense qu'il va falloir déplacer ; on veut faire exploser leur cinq de devant », annonce l'entraîneur. Une volonté qui ne devrait pas être contrariée par les fortes chaleurs annoncées. « On compte aussi sur elles ; on s'est entraîné dur sur le plan de l'endurance. »
Des absences notables
Quelques joueurs majeurs manquent à l'appel ce week-end côté agenais. Le deuxième ligne Nehring (élongation) a rejoint le pilier Koteureu (cheville) sur la liste des blessés. Le centre Cummins et le talonneur Farace-Fabra n'ont pas été retenus car ils ont basculé avec le groupe pro. Quant au demi de mêlée Lucchini, décevant depuis le début de l'année, il subit la concurrence à son poste.
L'aspect mental
L'aspect mental aura également son importance, avec une aventure qui touche à sa fin pour de nombreux joueurs qui ne seront plus là la saison prochaine. « On en parle souvent entre nous, reconnaît l'ouvreur Gautier Lavie, poussé à trouver un autre club. Je pense que ça rajoute un point de concentration en plus, individuellement, pour certains. » Ce qui rejaillit sur l'ensemble du groupe, prêt pour ce match couperet. « Ce qui nous rassure, c'est qu'on voit que le groupe est là au bon moment ; ensemble, conclut Julien Gracia. Ils sont tous dedans. »
Luigi Marina : « 80 minutes de se créer des souvenirs à vie »
Luigi Marina, capitaine du SUA, commente : « On se disait qu'on était à 80 minutes de se créer des souvenirs à vie, ou de se séparer comme ça. Une demi-finale, personne ne s'en souvient, contrairement à une finale. » À titre personnel, il ajoute : « Ça fait huit ans que j'évolue dans ce club. Ma famille a joué ici ; mon grand-père a évolué en pro. C'est très dur de devoir partir. C'est aussi une source de motivation. »
Interrogé sur la crainte de l'équipe de Bordeaux, il répond : « Je pense que c'est la plus grosse équipe que l'on ait eue à affronter cette saison. On a pu voir en vidéo qu'ils étaient dangereux partout et possédaient de grosses individualités. À nous d'être serrés collectivement et de faire un bon match. Il va falloir mettre du rythme, être très précis et s'envoyer comme des cochons. »



