Brésil : vingt ans de déclin en Coupe du monde, les raisons
Brésil : vingt ans de déclin en Coupe du monde

Le Brésil n'a plus participé à une finale de Coupe du monde depuis 2002. Son meilleur résultat depuis vingt ans : une défaite humiliante contre l'Allemagne en demi-finale à domicile en 2014. Le 6 juillet 2026, la Seleção a été éliminée dès les huitièmes de finale par la Norvège, une nation absente du Mondial depuis vingt-huit ans. Comment expliquer cette chute ? Martine Benammar, consultante pour la revue Football(s), analyse les causes structurelles.

Un réservoir de joueurs appauvri

« Le problème, c’est qu’on a un réservoir de joueurs dans le championnat brésilien très réduit aujourd’hui », explique Martine Benammar. L'équipe alignée contre la Norvège comptait de nombreux trentenaires, aucun attaquant de haut niveau, et un mélange de joueurs âgés ou de très jeunes pas encore partis en Europe. « Des joueurs moyens qui ne sont tout simplement pas assez bons pour être recrutés à l’étranger », ajoute-t-elle. Le championnat brésilien s'appauvrit car les talents partent en Europe très jeunes, réduisant l'ambiance et les revenus des clubs. « À Maracanã, tu joues devant 500 spectateurs », illustre-t-elle.

Des entraîneurs qualifiés de « clowns »

Le niveau des sélectionneurs est également pointé du doigt. « À part quelques rares exceptions, les sélectionneurs, ces dernières années, on dirait des clowns ! Aucun qui ait vraiment réussi en club ou en compétition », dénonce la consultante. Elle évoque de mauvaises influences politiques et économiques, notamment via les sponsors et les agents. « Il y a même eu des sélections juste pour satisfaire Nike, avec des joueurs inconnus qui deviennent internationaux sur un coup de fil ! Franchement, c’est n’importe quoi. »

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Un trou générationnel et une fuite des talents

« C’est l’histoire d’un trou générationnel, clairement », insiste Martine Benammar. Avant, les plus grands joueurs restaient au Brésil, maintenant ils partent beaucoup plus tôt. « On surcote des jeunes pour les vendre 80 millions à l’étranger alors qu’ils n’ont pas 18 ans ! Le Real prend Endrick, très bien, mais je ne vois rien d’exceptionnel pour justifier ce prix. » Les clubs sont contraints de vendre pour des raisons financières. Résultat : des joueurs viennent finir leur carrière au Brésil à 35 ans, sans grande motivation.

Le Brésil, toujours un pays de football ?

« Aujourd’hui, pour moi, le vrai pays du foot, c’est l’Allemagne », tranche la consultante. Elle oppose la structure allemande — millions de licenciés, clubs, éducateurs, rigueur — à la situation brésilienne, où la formation est « gangrenée par le copinage, la corruption, les agents véreux ». « On sélectionne parfois les gamins pour faire plaisir à untel, pas sur le talent. » Malgré quelques réussites comme Marquinhos, la relève n'a rien à voir avec celle des années Pelé, Romário ou Ronaldo. « On peut parler de pays du foot, oui, mais les moyens baissent, la détection patine. »

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