Boulazac Basket Dordogne : le maintien en Betclic Élite au prix de l'exploit
Boulazac : le maintien en Betclic Élite après une saison héroïque

Maintenus haut la main en Betclic Élite, les promus périgourdins ont fait face à bien des soubresauts pour y parvenir, jusqu’à cette dernière victoire de gala face à Monaco, samedi 16 mai dans un Palio en feu. « On va savourer un peu », quand même, cette belle saison. Samedi 16 mai, Alexandre Ménard et son Boulazac Basket Dordogne ont bouclé la Betclic Élite 2025-2026 avec une douzième victoire, face à Monaco (92-74), et le maintien. Au-delà de ce que le staff, le groupe et les supporters espéraient en début de saison. Il s’agit du deuxième maintien sportif au plus haut niveau français, après la saison 2018-2019 (17 victoires, 17 défaites, 10e place) sous les ordres de Thomas Andrieux.

Le déclic de la Supercoupe

L’exploit n’est pas mince dans une Betclic Élite toujours plus concurrentielle. Et tout s’est peut-être joué à Roland-Garros, fin septembre, lors de la Supercoupe. Champion de Pro B, le BBD y a affronté Monaco, finaliste de l’Euroligue, puis Paris, champion de France en titre. Deux mastodontes. Honorablement battu par les Monégasques en demi-finale (70-95), Boulazac était mené 42-59 (22e) par les Parisiens en petite finale. La saison périgourdine a peut-être basculé dans le vestiaire, à la mi-temps.

Alexandre Ménard n’avait « jamais fait ça » à ses joueurs. « Je crois que je les ai presque insultés. Je pense avoir été un peu plus cru que ça même. » Dépité par la prestation de son équipe, le coach a bien fait comprendre « à quel point [il allait] être exigeant parce qu’ [il croyait] en eux. » « Ça les a secoués. Ils se sont rendu compte de leur potentiel, que je n’allais pas jouer la saison juste pour voir ce qui allait se passer. » On connaît la suite : une victoire fondatrice face aux Parisiens (96-80). « On se dit que tout est possible », dixit Cyrille Eliezer-Vanerot, le soldat du secteur intérieur.

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Les choix du staff se révèlent payants. Ménard : « Notre budget nous a poussés à faire des paris. Sortir de sa semi-retraite un vétéran de la NBA [NDLR : Tony Snell]. Prendre des risques avec des joueurs qui ont été blessés la saison d’avant. Relancer des joueurs qui devraient être à un niveau bien supérieur [KJ Williams]. »

Du terreau et la main verte

Recadrés et conscients des efforts à faire, les Boulazacois se sont mis au diapason. « On a vu, d’entrée, que, pendant la présaison, la qualité et l’intensité des entraînements étaient vraiment différentes de la saison passée », constate Eliezer-Vanerot. Pourtant, les premières secousses n’ont pas attendu. À commencer par l’affaire Jacob Grandison. Étincelant pendant la Supercoupe, décisif lors de l’ouverture face à Saint-Quentin (94-76), le Finlandais a disparu des radars après une histoire de contrôle antidopage.

Et ce ne fut pas le seul écueil. Rappelons la vraie-fausse arrivée d’Anthony Polite, les blessures d’Hugo Robineau, la suspension d’Ousman Krubally à Dijon, des pépins physiques à rallonge, le départ d’Amit Ebo au Maccabi Tel-Aviv… Et donc les intégrations à réussir de Théo Magrit, Antoine Eito, Will Cherry…

« La saison a été compliquée, il y a eu des états d’âme par moments », confesse Cyrille Eliezer-Vanerot. Dernier en date, le départ de KJ Williams avant le déplacement à Limoges. L’intérieur américain avait le mal du pays. Il y eut également le décès du père du coach en décembre. « Ça a été une saison aussi qui a été très, très dure pour ça », explique Ménard.

Mais l’édifice n’a pas bougé. Grâce à une cohésion sans faille, bâtie lors de la saison du titre de Pro B en 2024-2025. « Il y a un vrai terreau qui a été posé, poursuit l’entraîneur. Et tous les joueurs qui sont arrivés ont été nourris par ce terreau. » « Les gars qui étaient là la saison passée, on a essayé d’apporter ce qu’on avait vécu en Pro B. Ce côté famille un peu et de se battre tous ensemble », pousse Eliezer-Vanerot.

Des coups payants

Cet état d’esprit irréprochable leur a permis « de matcher les yeux dans les yeux avec tout le monde », reprend l’intérieur. Mais il y a eu quelques tournants décisifs. Octobre et novembre ont été difficiles, avec cinq défaites consécutives. Mi-décembre, le succès face à Limoges (92-80) a tout relancé.

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Quand Ménard part « après Limoges voir mon papa, que je reviens pour le match de Dijon alors que Piero [Zanella, son assistant] a tout préparé, et qu’on engrange notre cinquième victoire 79-78, là je me dis qu’on doit pouvoir faire un truc. » Et il n’est pas le seul. « Tous les observateurs autour me disent qu’on a fait le principal. » Encore un coup gagnant avec le choix de faire rater à Angelo Warner son dernier lancer franc, afin que les Bourguignons ne puissent pas avoir un temps mort et jouer pour le tir de la victoire.

Mais le début 2026 est terrible, avec quatre défaites de rang. Le BBD se rend à Paris dimanche 1er février, un peu la tête basse. Il y signe pourtant le très gros coup de sa saison, avec une victoire (87-103) totalement inattendue. « On avait un plan, dit Ménard. On a profité du fait qu’ils n’avaient qu’un seul vrai meneur [Justin Robinson]. Ça a marché, ça l’a déboussolé. C’est une fierté de l’avoir fait. On n’avait pas de pression et ça nous a libérés. »

Ce succès de prestige décomplexe totalement les Boulazacois. En mars, ils s’offrent l’Asvel (72-67). « La plus belle victoire de la saison », pour le coach. Puis, Strasbourg tombe également au Palio (95-76). Début avril, Chalon-sur-Saône y passe aussi (94-90). « Là on est bien ouais. » Le maintien est définitivement acquis face aux Chalonnais.

Reste l’envie du play-in. Boulazac était un peu court pour ce nouvel objectif : trois défaites suivent le succès face à Chalon-sur-Saône. « On a réussi à s’offrir un deuxième objectif qu’on n’a pas atteint, pointe Eliezer-Vanerot. Mais ça montre la qualité de travail qu’on a pu avoir au quotidien et on est juste récompensés. »

Place maintenant aux vacances, qui seront courtes pour le staff. Alexandre Ménard doit se dégoter un nouvel assistant avec le départ de Piero Zanella pour l’Italie - il a envie d’être coach principal. Il faudra aussi convaincre certains de rester. Thomas Ville, Cyrille Eliezer-Vanerot, Essome Miyem et Ousman Krubally sont sous contrat et les deux premiers ont envie de rester en Périgord. Et il va falloir se renforcer, car avec la montée de Roanne, en attendant les résultats des play-offs de Pro B, une seule certitude pour l’entraîneur : « La saison prochaine sera encore plus dure. »