Becir Omeragic, ancien capitaine du Montpellier Hérault Sport Club, s’est confié pour la première fois depuis son retour en Suisse, au FC Bâle. Dans un entretien accordé à Midi Libre, le défenseur de 24 ans revient sur son départ mi-février, un club auquel il reste profondément attaché.
Un départ mûri pour le Mondial et l’Europe
Omeragic explique avoir quitté Montpellier pour augmenter ses chances de participer à la Coupe du monde avec la Suisse. « Mon objectif est de faire la Coupe du monde. J’en avais parlé avec le président (Laurent Nicollin). Peut-être que j’avais aussi un peu plus de visibilité par rapport au sélectionneur dans un club comme Bâle, très suivi en Suisse », confie-t-il. Il ajoute que l’ambition de retrouver l’Europe a également pesé : « Bâle est un club qui a l’habitude de la gagne, il a fait le doublé l’année dernière. C’est aussi ce qui m’a donné envie de venir, pas que le Mondial. »
Le joueur insiste sur la difficulté de la décision : « Par rapport aux trois années que j’ai vécues… Dès mon arrivée, je m’étais immédiatement bien senti. Donc oui, c’était vraiment difficile. J’ai pris le temps d’en parler en famille. Montpellier restera toujours l’endroit où mon fils est né, donc c’est particulier. »
Une relation privilégiée avec Laurent Nicollin
Omeragic révèle que le président Nicollin a compris son souhait : « On connaît le président. C’est quelqu’un qui est généreux, il ne va pas te bloquer pour te bloquer. En lui disant que peut-être j’avais une chance de faire la Coupe du monde, il a pensé aussi à ma carrière. Et je le remercie pour cela. »
Concernant l’entraîneur Zoumana Camara, il précise : « Non, je ne pense pas non plus que ce soit son travail. En tant que capitaine, j’avais une relation spéciale avec lui. C’est quelqu’un qui m’a apporté beaucoup, humainement ou sur le terrain, parce qu’il a cette expérience, qu’il a joué au même poste. Il m’a donné beaucoup de conseils. C’était difficile de partir de cet environnement-là. »
Les adieux et la vie à Bâle
Le départ a été émouvant : « J’étais venu voir le match contre Le Mans, je suis allé dans le vestiaire. J’étais avec la petite et en sortant, j’ai réalisé que je ne serais plus là… »
À Bâle, Omeragic a retrouvé Léo Leroy, ancien milieu du MHSC. « On suit, dès qu’il y a des matches, on regarde. Ça fait plaisir d’en parler. Je suis le premier supporter. L’après-midi d’un match, avant de jouer le soir, j’avais décalé la sieste pour regarder Montpellier. »
Depuis son arrivée, il a débuté sept rencontres mais a aussi connu des pépins physiques. L’un d’eux l’a privé d’une potentielle sélection fin mars. Il n’a plus été appelé en équipe de Suisse depuis novembre 2025. Le sélectionneur Murat Yakin doit dévoiler sa liste pour le Mondial d’ici le 30 mai.
Un regard sur la Ligue 2 et l’avenir du MHSC
Omeragic revient sur son adaptation à la Ligue 2 : « C’était compliqué, parce que j’ai mis du temps. Lors de certains matches, j’avais l’impression de ne pas pouvoir exprimer toutes mes qualités, parce que je ne suis pas le joueur le plus physique. C’est un championnat quand même plus physique que technique, et à certains moments, j’ai eu l’impression que c’était difficile, que je ne me retrouvais plus. »
Il reste optimiste pour Montpellier : « Je parlais du coach, c’est une personne qui est identique avec tout le monde. Que tu joues ou pas, il te donne la même confiance. C’est important pour les jeunes qui montent, quelqu’un qui est derrière eux. Quand on voit Théo (Chennahi), franchement, on mesure sa confiance. Les jeunes qui viennent sont aussi dans cet état d’esprit, comme Axel (Guéguin). Cette équipe donne de l’espoir pour les années à venir. »
Il adresse un message aux supporters : « Ils étaient toujours là, derrière nous. Encore cette année… Quand je vois le déplacement à Annecy, pour leurs 34 ans, c’était assez incroyable. Qu’ils continuent d’y croire. C’est une reconstruction mais c’est un club qui mérite d’être en Ligue 1. Et il y reviendra. J’ai été marqué à vie. Et j’espère revenir peut-être un jour. On ne sait jamais. »
Le souvenir de la relégation
Le joueur n’oublie pas la descente en Ligue 2 : « C’est encore difficile de voir un club comme Montpellier en Ligue 2. Ce n’est pas sa place. Ça fait de la peine, c’est triste. Et c’est difficile de ne pas y penser. » Malgré tout, il garde des moments de joie, comme ses débuts en juillet 2023 ou son premier but à La Mosson contre le Red Star.



