Après neuf défaites en onze matches en 2026, dont deux dernières très lourdes, les Bayonnais n’en finissent plus de sombrer. Ils doivent se remobiliser, ce samedi face à l’UBB, malgré une fin de saison dénuée d’enjeu.
Un discours de mobilisation
De passage ce mercredi devant les médias, Arnaud Erbinartegaray a été catégorique : « Non, non, non, non, je n’ai pas envie de dire ''Vivement la saison prochaine''. Il reste quatre matchs pour vraiment se racheter des performances précédentes. J’ai hâte de les jouer. » L’ailier de 25 ans n’a pas envie de tirer un trait – pas encore – sur l’exercice morose de l’Aviron Bayonnais, sur le terrain comme en coulisses, quand bien même l’enjeu comptable s’est évaporé.
Avec seulement deux succès en onze rencontres en 2026, les Bleu et Blanc ont dégringolé au classement. Ils sont douzièmes, trop loin pour rêver de la vraie Coupe d’Europe mais assurés du maintien car dans leur malheur, il y a toujours pire. Il faudra néanmoins se creuser la tête pour trouver des sources de motivation, voire des ressources morales insoupçonnées pour ne pas exploser en vol comme lors des deux dernières sorties, à Toulon (52-26) et à Jean-Dauger face à Pau (22-54). « Ce n’est pas difficile de se remobiliser parce que quand tu es joueur de rugby pro, tu sais la chance que tu as de faire ce métier », avance « Erbi ».
Capilla capitaine
Sur le papier, l’argument s’entend. La réalité est plus cruelle. « La situation est compliquée, admet le talonneur Lucas Martin, lui aussi titulaire ce samedi (16 h 35) face à Bordeaux-Bègles. Maintenant qu’on est distancés de notre objectif de début de saison, c’est dur. Après, on a tous des motivations, qu’elles soient individuelles ou collectives. On veut tous bien finir par respect pour ceux qui vont partir en fin de saison, pour ceux qui restent, pour construire une grosse fin de championnat qui nous permettrait de repartir sur la suite avec des gros automatismes… Mais d’abord, il faut juste finir nos quatre gros matchs (UBB, Lyon et Stade Français à l’extérieur, puis Perpignan) pour avoir la tête haute et ne pas partir en vacances en ayant, entre guillemets, lâché un peu. En résumé, on veut juste être bons et, surtout, prendre du plaisir. »
Pour y parvenir, l’Aviron aligne quasiment son équipe type au regard des joueurs absents (Iturria, Chouzenoux, Tatafu, Habel-Küffner, Leota, Castillon, Cotet, Traversier, Hodge). Le trois-quarts centre Sireli Maqala est remis de son souci aux côtes et Rodrigo Bruni réintègre le centre de la troisième ligne après sa suspension. L’ouvreur Joris Segonds retrouve sa place de titulaire, après trois derniers matchs où il a été écarté par son club, remplaçant puis blessé. Il ne récupère pas ses galons de capitaine puisqu’en l’absence d’Arthur Iturria, le staff promeut Esteban Capilla. Une première en même temps qu’un message envoyé au numéro 7, qui a décliné une première proposition de prolongation de contrat au-delà de 2027.
Respect et orgueil
L’Aviron n’aura pas le luxe d’affronter une UBB décontractée après sa qualification pour sa deuxième finale de Champions Cup de rang. Les joueurs de Yannick Bru peuvent sortir de la zone qualificative en cas de contre-performance à Bayonne. Ce n’est pas le souci de Gerard Fraser, qui a discuté avec ses joueurs durant la semaine pour « trouver des points de motivation ». Le Néo-Zélandais avance « le respect » et « l’orgueil » comme leitmotiv afin d’éviter « un petit relâchement » et surtout une nouvelle déculottée. « La manière dont on va finir la saison déterminera notre point de départ pour la prochaine, insiste-t-il. On apprend, on progresse, on avance. » Le technicien n’est pas inquiet. Du moins, il ne le montre pas. « À un certain moment, il y a du relâchement mais quand je vois l’application aujourd’hui (mercredi) ou hier sur le terrain, malgré les conditions météo un peu compliquées, je n’ai aucun doute que la motivation et l’envie sont là, malgré le fait qu’il n’y ait pas d’enjeu pour les prochains matchs. » À ses joueurs de confirmer l’impression.



