Coupe de France : Basket Landes prêt à marquer l'histoire face à Villeneuve-d'Ascq
Basket Landes : finale de la Coupe de France à Bercy

Il flotte un irrésistible air de printemps, limite estival, à Mont-de-Marsan cette semaine, aux abords de l’espace Mitterrand comme de la Midouze. De ces atmosphères agréables où l’on se dit que la vie est belle, et tous les possibles permis. Surtout ceux visés sans vergogne, parce que l’occasion est trop belle de se faire plaisir. Ce samedi, Basket Landes délaissera son chaudron montois pour en enflammer un autre, celui de l’Accor Arena, que tout le monde appelle encore Bercy parce que c’est comme ça. À partir de 15 h 30, les Landaises affronteront les Nordistes de Villeneuve-d’Ascq en finale de la Coupe de France. À la clé pour celles qui l’emporteront : un trophée, un vrai, pour récompenser très concrètement une saison, un chemin, des espoirs, des efforts.

Une finale au goût particulier

Dans les entrailles de l’espace Mitterrand aussi, ça fleurait bon le printemps cette semaine. Les mines étaient réjouies, quoique concernées. Parce que se rendre à Bercy, non, ce n’est pas anodin. Surtout quand on reste sur une participation historique mais pas complètement aboutie au Final Six d’Euroligue de Saragosse, une semaine plus tôt, et qu’il reste encore du chemin vers la préservation d’un titre de champion de France. « La Coupe de France, ça a vraiment une saveur particulière : ça va très vite avec seulement trois matchs et pas le droit à l’erreur, tout peut arriver et il faut être à 100 % tout de suite. Et puis, tu ne joues pas souvent dans une salle comme celle-là. On a envie de vivre de beaux moments et ça en fait partie », salive Marie Pardon.

L'envie comme principal argument

L’envie pour principal argument, tout simplement. Il suffit de se plonger dans le regard clair de la meneuse pour y lire toute la détermination qui caractérise un groupe qui s’est fixé des objectifs et qui semble impossible à dévier de la trajectoire à emprunter pour y arriver. Les Landaises voulaient montrer à l’Europe du basket que leur place dans le top 8, la saison passée, n’avait rien d’un coup de chance ? Elles finissent dans les six meilleures de la campagne d’Euroligue, sans contestation possible, après avoir battu les plus grands. Même le champion d’Europe, Fenerbahçe, à l’impressionnant parcours toutes compétitions confondues : 44 matchs, 43 victoires. Sa seule défaite, c’est à Mont-de-Marsan qu’il l’a subie, et là encore il n’y a rien eu à dire.

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Alors quand, au gré des discussions avec les unes et les autres, revient invariablement, inlassablement cette volonté d’offrir une nouvelle Coupe de France au public bleu et blanc, on est bien obligé de souhaiter qu’il reste un siège de libre dans le train du retour, samedi soir, pour y déposer le trophée, le temps de se reposer les bras. Présomptueux ? Non, sûrement. Prévoyant. Calculé. Reste à faire coïncider la réflexion, cette envie démesurée, avec la réalité du terrain, le sérieux pragmatique. Et ça aussi, les Landaises du trio Julie Barennes, Marie-Julie Levant et Olivier Constant, savent faire.

Maîtrise des émotions et défense de fer

À Basket Landes de savoir, une nouvelle fois, maîtriser ses émotions, resserrer les boulons, s’appuyer sur sa défense étouffante, déroutante, redoutée par tous ses adversaires, bien que prévenus. Le dernier nommé, en charge de la défense, le rappelle, à toutes fins utiles : « Il ne faut pas se faire une montagne de cet événement mais y aller simplement, en montrant nos armes. Dans ces gros matchs un peu hors cadre, la différence principale, ce sont ces momentums, positifs ou négatifs, qu’il faut savoir gérer. Il se passe toujours quelque chose d’extraordinaire dans une finale. » Le Breton est bien placé pour le savoir, lui qui faisait déjà partie du staff lors des victoires de 2022 et 2023. Ce qui lui revient illico en mémoire ? « Le panier qui, lors de notre première victoire, nous permet d’aller chercher la première prolongation (contre Bourges, 91-88 au final). C’est arrivé sur une action travaillée à l’entraînement, sur une touche, et ça se déroule comme sur la plaquette. Là, tu te dis que tu peux le faire. » Et que non, décidément, il n’y a jamais vraiment de hasard.

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Un statut à assumer

Maxime Bézin, le coach nordiste, en fait évidemment partie, lui qui a tout connu face à Basket Landes cette saison. La grande fierté de gagner à domicile, et de faire partie de ces trois équipes à avoir fait trébucher le leader. C’était le 14 décembre 2025 et les Landaises avaient fini par baisser pavillon (77-72). Et puis la honte, ou un sentiment qui s’en approche, après la fessée administrée par une équipe intraitable, écœurante, le 24 mars (89-61). « On sait que si on lui laisse avoir du rythme dans son jeu, si on lui laisse passer la balle, si on lui laisse traverser le terrain, c’est une équipe qu’on ne peut pas stopper, tout simplement. Parce qu’elle a un niveau de confiance qui est démesuré. Il ne faut pas aller chercher plus loin. Elle a peut-être plus de certitudes que nous aujourd’hui. C’est une réalité », analysait-il alors à chaud. À froid, son jugement n’a guère dû changer. Villeneuve-d’Ascq, à l’irrégularité chronique cette saison, reste sur une terrible désillusion, incapable de valider son ticket pour les demies du championnat. Après avoir gagné de 26 points la manche aller contre Charleville-Mézières, les Nordistes ont perdu de… 27 points au retour. Au moment de disputer leur tout dernier match de la saison, tous les espoirs villeneuvois se rattachent à ce statut d’outsider bien opportun. Car sur le papier, le favori, c’est bien Basket Landes et il le sait. Il lui faut assumer et il le sait. Et alors l’été pourra un peu plus s’installer.