Tomás Albornoz, un phare pour Toulon dans le brouillard irlandais
Albornoz, un phare pour Toulon dans le brouillard irlandais

On dit souvent qu'il faut un grand ouvreur pour gagner un grand match. Ce choc aura pourtant démontré le contraire. Pendant qu'Harry Byrne, maestro du Leinster, enchaînait les cagades et tremblait comme un cadet face aux perches, le Toulonnais Tomás Albornoz, lui, enchaînait les masterclass. S'il ne fallait garder qu'un Varois, il serait celui-là. Et sa frustration, contagieuse au coup de sifflet final, ne faisait que plus mal.

Un match presque parfait

Car pendant 80 minutes, le Puma a (presque) tout fait, (presque) tout tenté. De son habileté sous les ballons hauts (5e) à sa passe au pied décisive pour l'essai de Gaël Dréan (76e), il n'a cessé de sortir la tête de l'eau, tandis que le collectif rouge et noir peinait à surnager dans la mer bleue dublinoise. Malgré une « rush defense » agressive de la province irlandaise, « Tomi » était comme le chat sauvage qui refuse d'entrer dans la cage : vif, agile, insaisissable. Sur le pré de l'Aviva Stadium, il est de loin le joueur à avoir parcouru le plus de mètres balle en main (103), mettant une vitesse à Dréan, Doris ou Ioane, lesquels ont tous moitié moins galopé. C'est aussi lui qui a effacé le plus de défenseurs (8), comme sur cette percée à la 35e ou cette belle remontée de balle six minutes après le retour des vestiaires.

Le courage salué par son entraîneur

« Tomi a fait un grand match, validait Pierre Mignoni. Comme d'habitude, il a cassé des plaquages… et s'est montré très courageux. » L'entraîneur du RCT avait raison de le souligner. Car il n'y a pas qu'en attaque qu'Albornoz a brillé. Sauvetage sur une pénaltouche (10e), dégagement monstrueux (20e), ballon contré (51e), couverture salvatrice sous pression (12e et 62e) : l'Argentin pouvait difficilement faire mieux… jusqu'à cette fichue dernière minute.

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Un cruel dénouement

C'est en effet là que le scénario est amer. Sanctionné pour un plaquage sans les bras sur une énième offensive irlandaise, le numéro 10 argentin a offert au Leinster un ultime répit pour sécuriser sa victoire. Le sport est bien cruel : samedi, il valait mieux être Harry Byrne, vainqueur sans éclat, que Tomás Albornoz, perdant magnifique.

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