Paul Seixas, 19 ans, fait douter Pogacar et se pose en rival pour le Tour
Paul Seixas, 19 ans, rival de Pogacar pour le Tour

Course après course, Paul Seixas prouve qu’il est un sérieux rival pour Tadej Pogacar. Reste à savoir si les deux se retrouveront sur le Tour de France. À 19 ans seulement, le Français a fait douter le Slovène sur l’un de ses terrains de prédilection, Liège-Bastogne-Liège, confirmant qu’il était un phénomène de précocité et l’un de ses principaux adversaires, ce dimanche après-midi.

Un vent de fraîcheur a soufflé dans l’Ardenne belge. Contrairement à ses deux précédents succès dans la Doyenne, Pogacar a cette fois trouvé un rival à sa taille dans la côte de La Redoute, où Seixas a suivi son attaque. Vingt kilomètres plus loin, cette brise juvénile a été balayée par le souffle du meilleur coureur du monde, qui s’est envolé dans la côte de La Roche-aux-Faucons pour lever les bras une quatrième fois à Liège après 2021, 2024 et 2025.

Une évolution depuis les Strade Bianche

Comme dans la poussière des Strade Bianche début mars, où il avait été le seul à pouvoir suivre un temps le champion slovène, Paul Seixas s’est de nouveau affirmé, sur un terrain bien différent avec ses 259,5 kilomètres de course et ses 4 100 mètres de dénivelé positif, comme le nouvel adversaire du « glouton » dès que la pente s’élève.

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« Pogacar est surdominant ces dernières années, rappelle le Lyonnais. Déjà, avoir pu le suivre, c’est quand même quelque chose. Il faut passer les étapes sans les brûler. Aux Strade Bianche, je n’avais pas réussi à suivre sa première attaque, aujourd’hui j’ai réussi à la suivre. Je suis quand même content de la performance que j’ai faite. »

Son directeur sportif Julien Jurdie voit même cette deuxième place comme « une victoire ». « Au fil de la saison, on voit qu’il ne joue pas dans la cour des garçons normaux. Il joue dans la cour des champions. »

Course après course, le Français abat les préjugés qu’on peut avoir concernant un coureur de son âge. Celui qui subsistait avant le début de cette journée ensoleillée sur les routes belges a volé en éclat : en dépit de sa jeunesse et de son inexpérience dans les courses très longues, il ne souffre pas d’un manque de « durabilité » - la capacité d’un coureur à produire de gros efforts dans la durée.

Réponse le 4 mai pour le Tour

« Aujourd’hui, ç’a été la preuve : je pense que j’ai vraiment passé un cap en termes de durabilité », s’est-il satisfait. « Justement, la difficulté de la course, ça m’avantage presque parce que je suis capable de mettre beaucoup d’efforts et de bien récupérer. Ça s’est aussi vu au Tour du Pays basque (où il a remporté le classement général et trois étapes, NDLR), répéter les efforts, ce n’est pas un souci. »

De quoi mettre une pièce de plus dans la machine à rêve du cyclisme français, qui cherche toujours un successeur à Bernard Hinault (1985) sur les routes du Tour de France, même si rien ne dit à ce stade qu’il s’alignera dès cette saison. La décision devrait être annoncée la semaine du 4 mai.

« Je serais heureux de revoir Pogacar cette saison », a lâché le Français à l’issue de la course. Le Slovène, lui, semble déjà avoir son opinion sur la présence de son jeune concurrent sur la Grande Boucle. « Je pense qu’on le verra sur le Tour, a estimé le double champion du monde en titre. C’est un si grand talent, la France peut être heureuse de sa course mais vous devez prendre soin de lui. »

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