Tour de France 2025 : Stéphane Goubert dresse un bilan après dix étapes
Goubert : un premier bilan du Tour de France 2025

Seul Montpelliérain du peloton, Stéphane Goubert, directeur sportif chez Groupama-FDJ, dresse un bilan après dix étapes et la première journée de repos. Après vingt ans passés dans la maison AG2R comme coureur, puis comme directeur sportif, Stéphane Goubert (55 ans) participe à son premier Tour de France avec Groupama-FDJ. Le Montpelliérain dresse un bilan des dix premiers jours de ce millésime 2025.

Une journée de repos bienvenue

Cette journée de repos tombe-t-elle à pic ? « Oui ! C’est rare d’avoir une journée de repos aussi tard. Une journée, ça peut paraître dérisoire mais c’est hyper important. Avec ce parcours, il y a eu un départ de Tour difficile. L’intensité est toujours présente sur cette épreuve. On a entendu des critiques sur une étape prévue pour les sprinteurs (samedi, 8e étape) ou soi-disant ça n’a pas roulé. Mais les coureurs ne sont pas des machines, ne sont pas un spectacle. Ça reste du sport. Là, le niveau de fatigue du peloton est déjà très élevé par rapport à ce qu’il nous reste à faire. Il faut aussi respecter ça. »

Un parcours plus nerveux

Est-ce plus intense, plus nerveux que les années précédentes ? « Je pense plutôt que ça vient du parcours. Les organisateurs ont voulu qu’il se passe des choses tous les jours. On ne peut pas les blâmer pour ça. Comme on ne peut pas blâmer les coureurs qui, à des moments, mettent un tout petit moins d’intensité. Je pense quand même qu’on assiste à un beau Tour de France, avec de beaux vainqueurs. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Performances de l’équipe Groupama-FDJ

Comment jugez-vous les performances de votre équipe depuis le début ? « On est satisfait. On veut toujours une victoire d’étape, bien sûr, comme toutes les équipes, même si elles sont peu nombreuses à partager le gâteau. Pour l’instant, à l’image de Romain Grégoire sur les premières étapes (une fois 4e, une fois 5e) ou Paul Penhoët au sprint (7e et 5e), c’est satisfaisant. Les deux sont dans le match. Paul, c’est son premier grand Tour, il progresse, il est dans le match. Même s’il ne reste plus beaucoup d’étapes pour les sprinteurs, je suis sûr qu’il fera mieux que 5e. »

Guillaume Martin après sa chute

Comment va Guillaume Martin après sa lourde chute sur la 7e étape ? « Cette chute a fait dérailler la machine. Mais dans quelques jours, ça va aller mieux. Hier, il a vécu une étape difficile. On pouvait s’y attendre. Ces mecs qui chutent avant des étapes où tu changes de braquet, où tu passes du plat à la montagne, souvent, ils sont plus en difficulté. La journée de repos est bien tombée pour lui. »

Objectifs pour la suite

Quels sont les objectifs désormais ? Victoire d’étape ? Top 10 ? « Les victoires d’étape, en priorité. Et se rapprocher du top 10 si on peut. Mais les garçons de devant sont très solides. Le Tour ne fait que commencer en montagne. Il va y avoir des défaillances avec cet état de fatigue. Il y aura aussi des opportunités à saisir. Hier (lundi), on s’est douté que l’échappée pouvait se jouer. On s’est posé la question de savoir si on mettait Guillaume ou pas. Mais avec le recul, la journée qu’il a passée hier, s’il avait été à l’avant, il aurait perdu beaucoup plus de temps et se serait entamé physiquement. C’était un choix raisonnable. »

Des opportunités rares

Ce sont souvent les mêmes écuries qui lèvent les bras à la fin… « Disons que le tracé du Tour est dynamique. Et le meilleur coureur au monde de classiques et à étapes, c’est le même. C’est normal qu’il (Tadej Pogacar) se retrouve devant et qu’il arrive à quasiment tout prendre. Il y a eu quelques étapes pour les sprinteurs, encore un gros numéro de Ben Healy (EF), et le vainqueur d’hier (Simon Yates, Visma), c’est celui qui a gagné le Tour d’Italie au printemps. Quand on voit les vainqueurs et comment est dessiné le Tour, les opportunités vont être très très rares. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Pogacar versus Vingegaard

Pogacar, a-t-il pris un ascendant définitif sur Vingegaard ? « Pour l’instant, il a un avantage physique et psychologique. Si Visma envoie des garçons dans l’échappée pour gagner une étape, c’est qu’elle n’a pas confiance en Vingegaard pour gagner contre Pogacar. Déjà, elle envoie un signe assez négatif. Certes, une victoire d’étape est importante. Mais moi, je serai resté tranquille pour, psychologiquement, mettre encore la pression sur Pogacar, histoire que le Slovène se dise : "Bon, s’ils envoient personne dans l’échappée, c’est qu’ils sentent qu’ils peuvent me battre". Là, je suis Pogacar, je me dis que je n’ai qu’à maîtriser Vingegaard, le battre au sprint et je gère mon Tour. »

Ne pensez-vous pas que Vingegaard peut être plus frais en troisième semaine ? « Pour l’intérêt du Tour, il faut espérer. Mais si c’est le cas, ça nous laisse encore moins d’opportunités. Parce que ça veut dire qu’en montagne, deux grosses équipes voudront maîtriser les choses. Alors que, si un des deux domine largement son sujet, les échappés ont plus de chance de se disputer la victoire. »