L’intérieure nigériane Murjanatu Musa jouit d’une popularité incroyable, assortie de la reconnaissance de ses pairs. Des marques d’affection que la Landaise d’adoption accueille avec beaucoup de modestie, prête à justifier tous les honneurs à l’occasion de la manche 1 de la finale à Bourges, ce samedi à 16 h 15.
Une progression fulgurante
Elle fait partie des joueuses de Basket Landes dont la progression au fil des mois, des matchs et des défis force l’admiration. En quelques mois à Mont-de-Marsan, celle qui, de son propre aveu, avait encore beaucoup à apprendre en arrivant, et notamment absolument tout à découvrir en Euroligue, s’est imposée comme l’un des piliers d’un des meilleurs collectifs européens de l’année. Peut-être moins spectaculaire, mais d’une constance impressionnante. Peut-être moins imprévisible, mais avec ces éclats de génie déstabilisants qui font finalement la différence entre une très bonne joueuse dont on reconnaît le talent et une excellente qui suscite l’enthousiasme.
Si on élargit le spectre, l’évolution de Murjanatu Musa, indispensable au scoring landais mais aussi et surtout dans toutes ces tâches répétitives pour aller récupérer des possessions et les faire fructifier, est encore plus remarquable : en tout juste deux saisons en France, l’intérieure nigériane en est devenue l’une des valeurs très sûres, élue pour la deuxième fois dans le cinq majeur de l’année sans que cela ne suscite la moindre contestation. Même de la part des adversaires des Landaises, les hommages pleuvent. Oui, « MJ » s’est imposée, et continue de s’imposer partout où elle passe. Mais à sa façon : tout en douceur et modestie.
Humilité et sourire
Car s’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est son humilité qu’elle habille élégamment d’un sourire inamovible. Heureuse d’être là, de faire ce qui lui plaît et que ça plaise. Presque gênée de tous ces honneurs, amplement mérités, qui lui reviennent. La cérémonie au Final Six d’Euroligue, où elle a été intronisée parmi le deuxième cinq de la saison, après avoir accumulé les élections dans ceux des différents mois de compétition ? « Ohhh… C’était impressionnant », se contente-t-elle d’avouer, les yeux pétillants. Elle y a côtoyé son idole, la joueuse de Fenerbahçe Emma Meesseman. « Mais je n’ai pas osé lui parler, c’est Julie (Barennes, sa coach) qui lui a dit de ma part. »
Cela en dit long sur l’état d’esprit de cette grosse bosseuse, avant tout concentrée sur ce qui se passe autour d’elle, confiante dans les valeurs inculquées par son éducation. « J’essaie toujours de faire du mieux possible, même quand c’est dur. » Les retombées ? Les tonnerres d’applaudissements lorsque son nom est prononcé ? Les marques d’affection qu’elle suscite naturellement tant elle inspire la sympathie ? « Je me sens tellement reconnaissante ! Mais j’ai une philosophie depuis toujours : quand tu travailles et fais des efforts, à la fin de ta journée, tu as toujours gagné quelque chose. »
« Je me sens protégée »
Alors celle qui, la saison passée, avait été éliminée avec Tarbes en demi-finale de la Coupe de France, puis avait perdu en finale du championnat, les deux fois contre Basket Landes, apprécie avec encore plus de « gratitude » la victoire à Bercy et cette nouvelle finale de LFB, cette fois contre Bourges. « Ce sont des moments exceptionnels et je suis contente de les vivre. Je veux en profiter en étant à 100 %. Il ne faut pas avoir de pression mais que du plaisir », sourit Murjanatu, dont le visage s’illumine un peu plus en évoquant « la fierté » de ses parents et de ses frères et sœurs depuis le Nigéria. « La famille, c’est très important pour moi. Et ici, quand j’entends le public, j’ai l’impression d’en avoir trouvé une deuxième. Je ressens tellement d’amour ici. Je me sens protégée. » Comme un film magique qui l’enveloppe et la préserve pour continuer doucement mais sûrement de s’épanouir, encore et toujours.



