Audrey Sauret revient sur l'épopée de Valenciennes et analyse Basket Landes
Audrey Sauret : des titres européens à l'analyse de Basket Landes

L'héritage des clubs français en Euroligue

L'histoire du basket féminin européen a été marquée par deux clubs français qui ont dominé la scène continentale pendant près d'une décennie. Bourges et Valenciennes ont en effet remporté cinq titres d'Euroligue en seulement huit années, entre 1997 et 2004, établissant une période de suprématie française rarement égalée depuis.

Le témoignage d'une championne européenne

Parmi les actrices de cette épopée, Audrey Sauret occupe une place particulière. La joueuse a vécu cinq finales européennes avec Valenciennes, décrochant deux titres prestigieux en 2002 et 2004. Aujourd'hui directrice générale de l'Élan Béarnais, elle suit avec attention les performances de Basket Landes, un club qu'elle observe avec bienveillance et expertise.

« Même si c'est un peu de loin... On est quand même voisins ! Si je n'ai pas connu le club en haut de l'affiche quand j'étais joueuse, je l'ai vu grandir, monter en puissance », confie-t-elle avec un regard empreint de nostalgie et de reconnaissance pour le travail accompli.

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L'ADN des clubs de province

Pour Audrey Sauret, Basket Landes incarne parfaitement ce qui constitue l'essence même des sports en salle dans les territoires : « un ancrage très territorial avec une ferveur locale incomparable. C'est un peu ce que j'ai vécu à Valenciennes, une petite ville, comme Mont-de-Marsan, dans laquelle les exploits du basket féminin se sont construits sur la brèche créée par le foot et ses déboires... On a exposé tout un peuple, et l'effervescence qui en a découlé n'a pas de prix. »

Elle souligne particulièrement la continuité stratégique du club landais : « Ce club n'arrête pas de progresser depuis quinze ans. On voit une vraie continuité, une vraie stratégie. Je veux apporter un vrai crédit à ce travail, avec de vrais choix, comme l'arrivée de Céline Dumerc qui leur a permis, j'en suis certaine, de franchir une petite marche supplémentaire. Cette continuité est une force qui permet de repousser toujours un peu plus le plafond de verre. »

La qualification pour le Final Six

La qualification de Basket Landes pour le Final Six de l'Euroligue représente selon elle bien plus qu'une simple surprise statistique : « On pourrait penser que c'est une surprise, face à ces armadas financières, mais qui n'ont pas toutes ces valeurs, ce collectif qui font la force de Basket Landes. Cette qualification prouve l'ambition saine du club mais aussi la qualité des joueuses pour y parvenir. »

Elle insiste sur l'importance des dynamiques internes : « Dans un club, il y a toujours les objectifs fixés par la direction et ceux qu'on va se fixer entre joueuses, entre quatre yeux, derrière la porte du vestiaire. Ce sont ceux-là, les plus importants, car tout le monde partage la même volonté. Ces mots échangés, ces promesses que l'on se fait, ce sont un moteur énorme. »

Le collectif insubmersible

Audrey Sauret retrouve dans l'actuel Basket Landes l'esprit qui animait Valenciennes durant ses années de gloire : « Ce collectif insubmersible, je l'ai connu à Valenciennes quand je suis revenue, avec ces cinq années extraordinaires où on a tout dominé. On avait également un socle d'équipe très stable complété d'année en année par de bonnes joueuses qui acceptaient de se greffer au projet. »

Elle se souvient de l'engagement total qui caractérisait cette équipe : « On a souvent été perçues comme étant arrogantes mais ce n'était pas ça du tout : on avait tellement confiance les unes envers les autres ! On savait que les séances d'entraînement étaient souvent plus dures que ce qu'on allait vivre en match. L'engagement était total, on s'est toutes sacrifiées pour ce projet collectif. »

Les chances dans la compétition européenne

Face aux cadors européens, Audrey Sauret voit dans l'innocence de Basket Landes un atout précieux : « Je pense que l'innocence de l'insouciance peut contrebalancer le stress, je suis persuadée qu'elles ont la capacité de se sublimer. Les premières émotions quand on arrive, l'inconnu, l'attente, car on attend beaucoup avant un match, c'est ça qui est dur et pas facile à gérer. »

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Elle analyse cependant un défi particulier : « Le plus gros désavantage pour Basket Landes, finalement, c'est qu'il va affronter un adversaire qui ne sera pas considéré comme plus fort, contrairement à ce que ça aurait été face à un effectif référencé comme Fenerbahçe. Il faut être honnête : c'est plus facile à vivre d'être le Petit Poucet pour sa première expérience... Et là, ce n'est pas le cas. »

Pour elle, la clé du succès réside dans l'attitude : « Leur meilleur atout ? Ça doit être leur enthousiasme et leur agressivité. Elles doivent rester décomplexées et donner tout ce qu'elles ont à donner. Beaucoup de rythme, d'intensité. Un quart, ce n'est finalement pas le genre de match qui se gagne avec du talent. »

Les souvenirs indélébiles des finales

Interrogée sur son plus beau souvenir européen, Audrey Sauret évoque sans hésitation le Final Four de Liévin en 2002 : « C'était l'accomplissement de tout le travail fait, pour tout un territoire, avec mon club de cœur. C'est le plus beau titre que j'aie gagné, celui qui a déclenché les plus grandes émotions, un bonheur énorme. Trente ans après, il existe toujours un groupe baptisé 'USVO à jamais' qui avait été créé pour célébrer ce titre, c'est dire ! »

Elle se remémore l'état d'esprit qui animait l'équipe : « On s'était fait une promesse, celle d'aller chercher le titre presque à la maison. On sentait que rien ne pouvait nous arriver. On était insolentes dans le bon sens du terme. En fait, on s'est tout simplement amusées. Je n'avais jamais pensé qu'on y arriverait de manière aussi simple... On a vécu le moment à 3 000 %. Et c'est ça le plus important, parce qu'on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Il faut profiter. »

Audrey Sauret conclut avec une pointe d'émotion, rappelant que derrière les statistiques et les trophées, ce sont ces moments d'intensité pure et de partage collectif qui marquent durablement une carrière et construisent la légende des clubs.