Un héritage sportif et une quête d'excellence
Thibault Bassons, 22 ans, incarne la relève de l'athlétisme français. Fils de Christophe Bassons, figure emblématique de la lutte contre le dopage dans le cyclisme, il poursuit une carrière de décathlonien et sauteur en hauteur. Son parcours, marqué par le pragmatisme et une organisation millimétrée, le distingue dans le monde sportif. Rencontré au parc Peixotto de Talence, il dévoile les coulisses de sa double vie d'étudiant-ingénieur et d'athlète de haut niveau.
Un double projet ambitieux
Thibault Bassons, licencié à l'US Cenon et s'entraînant à l'ADEM de Talence, prépare un départ de quatre mois en Suisse pour un stage obligatoire dans ses études d'ingénieur à Enseirb – Matmeca. Malgré cette contrainte, il vise une qualification aux championnats de France Espoir puis Élite. « J'imagine ma carrière avec ce double projet, un sport et un travail, quand les études seront terminées dans un an et demi », confie-t-il. Il a trouvé un club à Sion pour se concentrer sur le sprint et la perche, avec un accès à un laboratoire de simulation d'altitude.
Le décathlon, une passion pour la diversité
Spécialiste du décathlon, Thibault apprécie la variété des épreuves. « Le décathlon a un point fort, la diversité, tu ne t'ennuies pas. Je n'imagine pas ne faire que de la hauteur », explique-t-il. Son record en saut en hauteur est de 2,16 m, lui valant le titre de champion de France en salle 2026. En heptathlon, il a terminé 5e avec 5 640 points. Ses records personnels au décathlon sont de 7 097 points en junior et 7 217 points en Espoir. « J'ai beaucoup progressé depuis. Je pense valoir 7 600 - 7 800 points cet été », estime-t-il.
Des progrès constants en puissance
Thibault a comblé un déficit de puissance musculaire du haut du corps dû à une croissance tardive. Il travaille avec un préparateur physique, Gaël Le Glédic, en complément de son coach Mohamed Saber. « Je le ressens, je progresse », affirme-t-il. Il s'appuie également sur un préparateur mental et un nutritionniste, une équipe pluridisciplinaire financée en partie par des aides de Cenon. « Peu d'athlètes ont si tôt un tel package », souligne-t-il.
Des objectifs pragmatiques et olympiques
Thibault vise les 8 000 points dans les prochaines années, puis les Jeux olympiques. « Antoine Ferranti, 23 ans, a fait les Mondiaux avec 8 221 points. Et bien sûr, le Décastar de Talence, le meilleur niveau mondial », rappelle-t-il. Son père, Christophe Bassons, reste une source d'inspiration, même s'il ne le considère pas comme un héros. « Je suis très fier de ce qu'il a osé dénoncer en lanceur d'alerte », déclare Thibault. Les jeunes athlètes ne connaissent pas toujours son histoire, mais les retours sont positifs. Christophe Bassons continue de s'engager contre le dopage, notamment dans le trail.
Thibault Bassons incarne une nouvelle génération d'athlètes, alliant études, sport et conscience sociale, avec un regard lucide sur les défis du sport de haut niveau.



