Le cyclisme mondial a trouvé son nouveau phénomène français. Paul Seixas, 19 ans, s'apprête à disputer son premier Tour de France, devenant le plus jeune coureur à prendre le départ de la Grande Boucle. Samedi, il s'élancera sur la ligne de départ, portant les espoirs d'un pays qui n'a pas vu un Français gagner le Tour depuis Bernard Hinault en 1985.
Un prodige attendu depuis longtemps
« Il est l'élu », a lancé Marc Madiot, figure historique de la FDJ, en début d'année. Bernard Hinault lui-même, 71 ans, « croit » en ce successeur. Christian Prudhomme, patron du Tour, avoue : « Je n'ai jamais vu un champion français comme ça depuis Bernard Hinault. Un gars comme ça, surtout à cet âge-là, ça n'existe pas. C'est une pépite. »
Depuis le début de la saison 2026, Seixas cumule six succès, dont la Flèche Wallonne. Il a écrasé la concurrence sur le Tour du Pays Basque en avril, remportant sa première course à étapes World Tour depuis Christophe Moreau en 2007. Il a également été le seul à rivaliser avec Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège.
Un talent précoce et une maturité impressionnante
« Pour moi, il est le troisième meilleur coureur du monde derrière Pogacar et Vingegaard », estime Stéphane Goubert, directeur sportif chez Groupama-FDJ. Sa maturité et sa capacité à gérer la pression impressionnent. Son agent, Joona Laukka, confie : « Je suis impressionné par sa capacité à tout gérer. La pression, les résultats, les médias… C'est dans sa nature. »
Sa participation au Tour a fait débat. Beaucoup estimaient qu'il devait attendre d'avoir une référence sur une course de trois semaines. Dominique Serieys, directeur général de Decathlon CMA CGM, explique : « Paul, à la base, voulait faire le Giro. Mais avec les datas, les bilans de santé et notre ligne de conduite, on s'est mis d'accord sur le Tour. La volonté de Paul était l'élément clé. Personne n'a mis la pression sur lui. »
Une équipe dédiée et des objectifs ambitieux
Une équipe a été mise en place autour de Seixas : il a déménagé à Nice, un kiné est à sa disposition, un entraîneur le suit en permanence, et une ancienne journaliste l'aide à gérer la pression médiatique. « Il s'intéresse à tout, il travaille énormément, étudie les courses, les statistiques, décortique des vidéos de ses concurrents », ajoute Serieys.
Ses résultats en font déjà un candidat au podium sur le Tour. « L'an dernier, il disait qu'il voulait faire un Tour pour apprendre. L'évolution de ses performances lui a vite fait changer de discours », poursuit Serieys. Le jeune leader a également progressé dans le capitanat : « Il n'est pas avare de s'exprimer, de remercier ou de s'excuser. Il a compris qu'il était important de se faire aimer. Ce qu'on voulait bâtir en deux ou trois ans, il l'a fait en un. »
L'avenir s'annonce radieux
Sa chute et son abandon sur le Dauphiné n'ont pas bouleversé les plans. Decathlon CMA CGM travaille déjà à sa prolongation, lui qui sera en fin de contrat en 2027. « Il ne veut pas en parler avant la fin du Tour pour rester focus. On veut le garder, lui montrer qu'il va gagner avec cette équipe. Il est notre priorité », promet Serieys.
Avec Paul Seixas, le cyclisme français se prépare à la démesure. Le prodige de 19 ans est programmé pour briller, et le Tour de France n'attend que lui.



