Pour la première fois de sa jeune carrière, la deuxième ligne de 20 ans, née à Marmande, a disputé l’intégralité du Tournoi des Six-Nations avec les Bleues. Malgré le frustrant revers face aux Anglaises (28-43), elle retient de nombreux points positifs.
Un revers amer mais des motifs d'espoir
Pas le temps de se morfondre. Au lendemain de la nouvelle défaite de l’équipe de France face aux Anglaises, en clôture du Tournoi des Six-Nations (28-43), Kiara Zago a déjà quitté Bordeaux pour regagner ses pénates toulousains. « J’ai des partiels », justifie l’étudiante en Staps, qui va alterner révisions et repos, puisqu’elle entame également une semaine de vacances. À l’autre bout du fil, la voix est posée, calme. De la déception, il en reste forcément. On n’évacue pas un tel revers en un claquement de doigts. « L’équipe méritait d’être récompensée après toutes ces années et le travail accompli, souligne-t-elle. Mais le plus beau reste à venir et on va travailler pour revenir encore plus fortes. » Quand elle évoque cette « finale » du Tournoi 2026, le positif contrebalance rapidement le négatif. « Elles se sont nourries de nos fautes ; on savait que les turnovers et contre-attaques allaient être fatals. Mais on a fait un très grand match et on ne peut qu’être très fier de l’équipe. »
Un rugby en famille
Du haut de ses 20 ans, la native de Marmande a débuté ce Crunch sur le banc, avant de disputer la dernière demi-heure. Comme en Écosse deux semaines plus tôt, alors qu’elle avait été titulaire lors des trois premières journées. Un choix tactique de l’encadrement, qui a privilégié, en début de rencontre, la puissance de Siobhan Soqeta au profil plus longiligne et aérien (1,84 m) de l’ancienne joueuse de l’US Casteljaloux et capitaine des cadettes du SU Agen, championnes de France en 2023. La deuxième ligne du Stade Toulousain a quasiment doublé son nombre de sélections cette année. Un choix « plutôt cohérent » pour cette dernière, « pas déçue. Le temps de jeu, je l’avais quand même ». Au regard de la physionomie de la première période, avec un important déchet dans le secteur de la touche (qui a notamment débouché sur le premier essai des Anglaises), on ne peut tout de même s’empêcher de penser que ses qualités dans ce domaine auraient été précieuses…
« Je suis très contente d’être revenue dans le groupe et d’avoir pu enchaîner », confie-t-elle. Pour la première fois de sa jeune carrière, Kiara Zago (11 sélections) a, quoi qu’il en soit, disputé l’intégralité du Tournoi des Six-Nations, elle qui avait déjà partiellement connu les éditions 2024 (un match) et 2025 (trois). Une belle revanche pour une joueuse qui n’avait pu postuler à la Coupe du monde, l’an passé, en raison d’une sérieuse blessure à la cheville. « C’est du passé ; maintenant, on va de l’avant. Je suis très contente d’être revenue dans le groupe et d’avoir pu enchaîner. » Très contente aussi d’avoir foulé la pelouse du Stade Atlantique bordelais, à une heure de route de son village familial de Sillas, à la frontière de son Lot-et-Garonne natal.
Son entourage s’était d’ailleurs déplacé en force pour cette affiche. « Ils étaient un peu plus de 85, sourit-elle. Le rugby dans la famille, c’est très important. » Point de bus pour acheminer tout le monde, mais « une petite auberge espagnole avant », tout de même. Et du réconfort au terme des 80 minutes de jeu. « Ils m’ont apporté du soutien à la fin du match. Quoi qu’il arrive, je sais qu’ils seront toujours là pour moi. » Disponible, Kiara Zago a pris le temps de faire plaisir aux supporters tricolores, ce dimanche, à l’issue de la rencontre.
Objectifs à venir
En attendant les prochaines échéances nationales, dès septembre, contre la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada, la jeune Tricolore va rapidement retrouver ses coéquipières haut-garonnaises, une fois sa semaine de vacances/études terminée. Elle devrait ainsi pouvoir postuler pour le déplacement à Montpellier le 30 mai. Avec un nouvel objectif en ligne de mire. « Ramener le bouclier. » Forte de son expérience internationale, elle qui s’épanouit dans ce « nouveau projet » en bleu, « qui se veut être de possession, avec beaucoup plus de jeu et de liberté ». Un peu comme au Stade Toulousain, en somme.



