Frédéric Choquard, nouveau directeur du Meeting Herculis de Monaco, prend les rênes de l'événement après le départ de Jean-Pierre Schoebel, qui l'a dirigé depuis 1987. Pour cette 40e édition, qui se déroulera le 12 juillet 2026 au Stade Louis-II, Choquard mise sur la continuité et l'innovation, avec un plateau de stars incluant Armand Duplantis, Jimmy Gressier, Faith Kipyegon, et Cassandre Beaugrand.
Une transition en douceur
Choquard, qui a travaillé aux côtés de Schoebel pendant 38 ans, décrit son nouveau rôle comme une évolution naturelle. « Ce qui est nouveau, c’est d’être en première ligne, en conférence de presse, par exemple, où je suis novice. Jusqu’à présent, j’étais en deuxième ligne et je travaillais avec Jean-Pierre depuis 38 ans. Depuis, on a progressé. On est parti de rien et on a évolué jusqu’au meilleur niveau ensemble. Donc, je continue juste à faire ce que j’ai appris à ses côtés et ce qu’on a fait ensemble », explique-t-il.
L'esprit familial reste au cœur de l'organisation. « Le travail, c’est toujours dans la convivialité, dans l’esprit familial. On est une famille et des passionnés. Dans l’équipe (de bénévoles), on est capable de soulever des montagnes à 6 seulement, en ne regardant plus le temps qu’on y passe », ajoute-t-il.
Des innovations pour le spectacle
L'une des grandes nouveautés de cette édition est le double concours de saut à la perche, hommes et femmes, se déroulant simultanément sur la piste. « La meilleure solution pour nous, c’était déjà que les filles et les garçons sautent dans le stade, ne pas délocaliser. C’est important pour attirer le plus de spectateurs possible. Donc on a réfléchi, on est allé faire des mesures. On a créé un deuxième butoir avec matelas du même côté du sautoir existant, mais en quinconce », détaille Choquard. Les femmes sauteront en premier, puis les hommes enchaîneront, avec un chevauchement de 30 à 45 minutes où les deux concours se dérouleront en même temps, offrant un spectacle inédit.
Armand Duplantis, l'homme aux 15 records du monde à la perche, sera l'attraction principale. « C’est fabuleux. Souvent, on se fait des idées sur les athlètes qui seraient inabordables, antipathiques. Mondo, c’est tout l’opposé : quelqu’un de super sympa, très abordable, gentil, marrant, avec qui on peut discuter », confie Choquard. Duplantis n'aura que six concurrents, ce qui devrait lui permettre de viser un nouveau record du monde.
Des épreuves à ne pas manquer
Le 100 m masculin promet un duel entre Oblique Seville et Marcell Jacobs, ce dernier ayant couru en 9''67 (temps non homologué à cause du vent). Le 200 m féminin verra s'affronter la championne olympique Gabrielle Thomas et sa dauphine Julia Alfred. Le 5 000 m avec Jimmy Gressier, qui adore l'ambiance de Monaco, est également très attendu. Cassandre Beaugrand, championne olympique de triathlon, s'alignera sur 3 000 m pour tester son potentiel en Diamond League. « C’était son rêve, mais aussi le nôtre. Si elle s’aligne sur une épreuve comme ça, c’est clairement pour voir dans quel état elle se sent, et si, à terme, elle est capable de se lancer en Diamond League », souligne Choquard.
Des contraintes budgétaires
Herculis s'est classé 4e meeting au monde en 2025 selon World Athletics, mais Choquard rappelle les limites financières. « À Monaco, on a rapidement eu des stars par le passé, comme Sergueï Bubka, Marie-José Perec. Énormément d’athlètes veulent venir, mais le souci, c’est presque qu’à la fin, il faut de l’argent pour les payer. On n’est pas capables d’avoir tous les meilleurs, il faudrait un budget à 12 millions d’euros. Zürich, ils ne réfléchissent pas, ils font venir tout le monde et le Top 10 de toutes les disciplines. Nous, on doit faire des choix », explique-t-il.
Une vision pour l'avenir
Pour les années à venir, Choquard souhaite moderniser l'événement tout en restant fidèle à ses racines. « Dans un premier temps, on va chercher à sauter sur les opportunités qui se présentent, comme celle avec Duplantis cette année. Il y a encore quelque temps, on aurait dit non jusqu’au bout (c’était l’année du saut à la perche féminin). On ciblait la compétition sans en faire trop autour, mais si on peut aussi mettre l’accent sur les festivités, c’est bien », dit-il. Il envisage d'améliorer la « scène » avec de la musique, des danseurs, et d'autres animations, s'inspirant des innovations passées comme les panneaux LED et le noir complet avant la dernière épreuve.



