Félix Lebrun : défaite aux Mondiaux digérée, ambitions intactes pour le circuit
Félix Lebrun : défaite aux Mondiaux digérée, ambitions intactes

À mi-saison, le pongiste montpelliérain Félix Lebrun entame le Grand Smash des États-Unis à Los Angeles (26 juin-5 juillet) avec toujours plus d’ambitions. N.4 mondial, demi-finaliste l’an dernier, il aura 700 points à défendre et une idée fixe : battre le N.1 mondial Wang Chuqin pour la première fois de sa carrière.

Un champion de France heureux

“Heureux”, un mot qui revient spontanément dans la bouche du médaillé olympique. La singularité des tournois outre-atlantique, peut-être. Los Angeles, la cité des anges, blonds comme les frères Lebrun, partis depuis mercredi à l’assaut de l’Amérique en pleine Coupe du monde. “Je ne suis pas très foot mais à fond derrière les Bleus”, avoue “Féfé” à l’heure de reprendre la compétition après son titre de champion de France et une élimination en 8e de finales au WTT Star Contender Ljubljana.

Le niveau, lui, va monter d’un coup. Deuxième “Chelem” de la saison, le Grand Smash des États-Unis étrenne symboliquement la deuxième moitié de saison. Félix, N.4 mondial, y jouera gros puisqu’il aura 700 points à défendre en raison de sa demi-finale perdue (4-3) l'an dernier face au number one Wang Chuqing, au terme d’un match phénoménal resté dans les annales.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

“C’est une super sensation”

Félix, vous êtes encore monté sur la table après votre succès face à Alexis aux “France”. Une tradition ? “Je suis très heureux d’avoir conservé mon titre. Franchement, c’est une compétition qui nous tient à cœur et de s’être retrouvé en finale pour une quatrième fois d’affilée, c’est extraordinaire. Je ne sais pas si c’est une tradition de monter sur la table ou si c’est juste quelque chose qu’on aime faire, mais c’est une super sensation quand on gagne un tournoi. Voilà, j’avais vu Pavade Pritika (N.2 française) le faire, ça m’avait plu et je m’étais dit : ‘Allez, moi aussi’.”

La concurrence accrue en France

Votre présence en finale n’était pas gagnée d’avance face à la concurrence accrue qui s’est révélée cette saison. Les Lebrun restent les patrons du ping tricolore… “Bien sûr, c’est une satisfaction car il est de plus en plus dur de se rejoindre en finale. Le niveau est devenu très serré mais on a réussi à montrer qu’on méritait d’y être. On a fait une grande finale (victoire 4-2), on est très heureux. Je sais que dans le futur, ça sera de plus en plus dur, en espérant qu’on réussira à tenir ça le plus longtemps possible.”

Bilan de la première moitié de saison

Le rythme de la compétition, lui aussi, devient infernal. Comment vous sentez-vous physiquement et quel bilan tirez-vous de vos six premiers mois ? “Génial. Physiquement, je me mets au niveau depuis septembre 2025. Je suis très heureux car j’ai l’impression d’avoir progressé sur des aspects qui me dérangeaient dans mon jeu. J’ai la sensation que mon jeu se développe, qu’on est sur la bonne direction. En plus, les résultats ont suivi. Je suis super content du travail effectué pour mon jeu, même s’il y aura toujours des défaites. On a envie de faire mieux mais, dans l’ensemble, c’est positif.”

Quels étaient ces aspects qui vous dérangeaient ? “Je suis devenu un peu plus fort dans le jeu au-dessus de la table, ce qu’on appelle le jeu court. Mon coup droit a fait des progrès sur les premières et le maintien dans l’échange. Depuis quasiment les Jeux Olympiques (2024) on travaille ces secteurs-là et, aujourd’hui, j’ai l’impression que lorsque je joue à mon meilleur niveau, on voit cette progression. Je suis satisfait de l’évolution de mon jeu et aussi de mes résultats. Depuis le début de l’année, à part la semaine dernière à Ljubljana où j’ai perdu contre un joueur en dessous des 20 premiers mondiaux, je n’ai perdu que face à des joueurs du top 12. J’ai connu une belle régularité avec plusieurs belles victoires face à Hugo Calderano (N.8), Sora Matsushima (N.6) ou Lin Shidong (N.5). Il y a eu aussi des grands matches contre Wang Chuqin (N.1). Petit à petit, je sens l’avancée, les matches sont quand même de plus en plus serrés. C’est génial, il faut que ça continue dans ce sens.”

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

L’objectif Wang Chuqin

Wang Chuqin, faites-vous une fixette sur lui ? “Pour l’instant, c’est le seul que je n’ai jamais battu. Donc oui, ça reste un objectif. Est-ce que je me focalise dessus ? Oui, de temps en temps on peut réfléchir à l’entraînement pour trouver des solutions, pour essayer de le battre. Mais il faut faire attention à ne pas se focaliser que sur lui parce qu’il y en a plein d’autres très bons joueurs tout aussi dangereux.”

C’est passé près lors d’un haletant France-Chine (1-3) en demi-finale des Mondiaux par équipes… “Ces Mondiaux, je les revivrais à 100 %. Mais c’est une déception énorme, parce que je me suis senti proche (de gagner), je me suis senti capable de faire cet exploit. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Cette défaite a mis un peu de temps à se digérer, ce n’est pas encore si facile d’en parler, mais c’est le sport. D’un autre côté, je suis très heureux d’avoir vécu cette expérience. C’est pour ces moments-là qu’on s’entraîne.”

Cette défaite face à Chuqin vous a beaucoup marqué mais aussi beaucoup appris ? “Bien sûr. C’est ce genre de défaite dans les grands moments, dans les grands matches, qui font prendre de l’expérience et qui donnent l’envie de retourner à l’entraînement pour revivre ces moments-là en évitant de commettre les mêmes erreurs.”

Objectifs pour le Grand Smash de Los Angeles

À LA, quel est votre objectif ? “Aller le plus loin possible dans tous les tableaux (simple et double). À chaque fois que je me lance dans une compétition, l’objectif, dans un coin de ma tête, c’est de gagner le titre. Je sais à quel point c’est difficile, je préfère ne pas me fixer cet objectif-là au départ mais, petit à petit, j’espère que dans le tournoi je vais pouvoir y croire. Si j’arrive à développer mon meilleur niveau, je pense que ce sera déjà une super chose qui va m’amener à des bons résultats. Et c’est la même chose en double avec Alexis. On veut retrouver nos automatismes, essayer de gagner un ou deux matches pour pouvoir se lancer dans la compétition et jouer de mieux en mieux ensemble. Et pourquoi pas aller le plus loin possible.”

Grand Smash des Etats-Unis : Les Français en lice : Félix Lebrun (N.4), Alexis Lebrun (N.11), Simon Gauzy (N.18), Flavien Coton (N.20), Thibault Poret (N.26), Lilian Bardet (N.47), Joé Seyfried (N.53), Léo de Nordrest (N.60), Jules Rolland (N.80). Les joueurs avec le plus de points à défendre : Wang Chuqin (CHN) : 2000 points, T. Harimoto (JAP) : 1400 pts, F. Lebrun (FRA) : 700 pts, Lin Shidong (CHN) : 700 pts, L. Bardet (FRA) : 400 pts, Y. Tanaka (JAP) : 350 pts, Lin Yun-Ju (Taïwan) : 350 pts.

Les JO 2028 en ligne de mire

Los Angeles… Les JO de 2028 sont-ils en arrière-pensée ? “Oui, c’est dans un coin de tête, même si c’est dans deux ans, pour l’instant on est trop loin. Plein de choses peuvent encore se passer. Même si aujourd’hui on est en très bonne position pour y aller, il faut quand même se qualifier, il y a beaucoup d’étapes avant d’y arriver. J’y suis allé l’année dernière, on s’est dit qu’il fallait se préparer pour la nourriture, la vie à l’américaine, passer de bonnes expériences pour le futur. Je sais que la Fédération va prendre ses marques là-bas, il faudra qu’on soit le mieux préparé possible au moment des Jeux Olympiques.”

Gagner votre premier Grand Slam, c’est la suite logique ? “Oui et non. Pour moi, entre un Grand Slam ou un Champions, c’est équivalent. Ça veut dire que tu es capable de gagner une compétition où il y a tous les meilleurs joueurs du monde. C’est ça qui donne la confiance pour aller ensuite avec plus d’espoir aux Championnats d’Europe, du monde et les JO. Plus j’arriverai à aller loin dans ces tournois, à en gagner, plus ça me donnera l’espoir d’y arriver dans un événement encore plus grand.”