Critérium des Cévennes : la passion d'un amateur au départ du mythique rallye
Critérium des Cévennes : la passion d'un amateur au départ

Un rêve d'enfance devenu réalité

Pour Sylvain Sussi, prendre le volant du Critérium des Cévennes, c'est d'abord courir après des souvenirs d'enfance. Ce pilote amateur de Saint-Martin-de-Londres, dans l'Hérault, incarne parfaitement ces mordus tombés tout petits dans la marmite de la passion automobile. Quand le moteur rugit dans son garage et qu'il en extirpe fièrement sa Clio Ragnotti, il revit intérieurement la grande époque des années 1980, "quand on voyait passer des grands pilotes comme Jean Ragnotti, Philippe Bugalski ou Gilles Panizzi dans une ambiance de folie".

À six ans, Sylvain suivait déjà son père et ses oncles au bord des routes mythiques du Critérium. Quelques décennies plus tard, le destin lui a offert l'occasion de passer de l'autre côté du pare-brise. En 2013, un collègue, Cédric Roeckel, cherchait un copilote et Sylvain a sauté sur l'occasion. Le virus de la course l'a ensuite poussé en 2017 à devenir pilote, après quelques galères mécaniques avec sa première voiture.

Un budget serré pour une passion dévorante

Pour un pur amateur comme Sylvain, la passion a un coût. Il évalue son budget minimum à 3 500 euros par course, incluant l'inscription, 500 euros d'essence, 1 500 euros de pneus et des imprévus. À cela s'ajoute la préparation du véhicule par son garagiste de Saint-Jean-du-Gard : "Il faut surtout contrôler tous les serrages, pour arriver au top au départ."

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La quête de sponsors, même modestes, est indispensable mais difficile. "C'est compliqué en ce moment, surtout que faire une course dans les Cévennes n'est pas vraiment associé aux considérations environnementales..." Heureusement, Sylvain peut compter sur le soutien de l'entreprise familiale de grossiste en boissons.

L'entraide entre pilotes, une valeur précieuse

Côté assistance, Sylvain mise sur les copains et le système D. "Je n'avais aucune notion de bricolage mais j'ai dû m'y mettre. Mon pote Malik et sa copine Bérengère s'occupent du camion d'assistance pour les choses basiques. En cas de pépin plus dur, on essaye de se dépanner entre pilotes. Il y a une véritable entraide qui n'existe peut-être plus dans d'autres sports."

Une 66e édition riche en émotions

Cette 66e édition propose, à partir du vendredi 24 octobre, près de 185 km d'épreuves chronométrées. Les vérifications et le départ s'effectuent en Cévennes autour de Saint-Hippolyte-du-Fort, et non à Montpellier. Le rallye s'étend sur trois jours, avec une étape prévue dimanche matin, tout en respectant le cadre réglementaire des 48 heures de compétition. La célèbre spéciale de la Cadière fait son retour le vendredi, ainsi qu'une boucle complète de quatre spéciales à disputer en nocturne pour renouer avec l'ambiance de "La nuit des Cévennes".

Aux côtés de Sylvain, son copilote Cédric Miotti suit une trajectoire parallèle. Fraiseur de métier, il a lui aussi baigné très jeune dans cette passion cévenole et découvre, depuis deux ans et quatre courses, un milieu qui le fascine, "avec le rêve d'être derrière le volant un jour".

Transmettre la passion aux générations futures

Les deux complices ont soigneusement préparé leurs reconnaissances, renouant avec des étapes mythiques : Montdardier, La Cadière, Valleraugue, Sumène. Vendredi, comme tous les autres, ils courront après la passion davantage que la gloire. Même si Sylvain ne bouderait pas un nouveau podium dans sa catégorie...

Un voisin l'interpelle devant son garage. Sylvain lui donne quelques bandeaux officiels d'un autre rallye pour son fils. Sur ces routes hors du temps et des modes, l'engouement pour le sport automobile n'a, à l'évidence, pas fini de se transmettre de génération en génération.

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