Championnats de France de natation : la chaleur à Montpellier impacte-t-elle les performances ?
Championnats de France : la chaleur à Montpellier impacte-t-elle les perfs ?

Les championnats de France de natation se déroulent actuellement à Montpellier, du 14 au 19 juin, et la chaleur devient un facteur déterminant pour les athlètes. Avec des températures dépassant les 30 degrés depuis le début de l'édition, certains nageurs peinent à respirer, tandis que d'autres parviennent à battre des records. Le mardi 17 juin, à 17h59, le top départ de la première finale de la soirée est donné dans la piscine olympique Angelotti. Dehors, le thermomètre affiche 30 degrés, légèrement en dessous des trois premiers jours caniculaires. Les parois vitrées laissent pénétrer la chaleur pré-estivale, rendant l'air intérieur étouffant.

Une chaleur qui perturbe les nageurs de fond

Sur le 800 mètres nage libre, Anastasiia Kirpichnikova et ses concurrentes s'époumonent pendant plus de huit minutes, inspirant un air chaud à chaque mouvement de bras. La médaillée d'argent à Paris avait déjà souffert lors du 1500 mètres deux jours plus tôt : "Il fait très, très chaud ! Après 800 mètres, je n'arrivais pas à respirer, j'étais toute rouge. Il n'y a pas d'air, il fait chaud." La nageuse de longue distance a échoué à deux centièmes de son minima pour les Mondiaux en 800 mètres (8'26''73). La température du bassin, à 27 degrés, soit un degré de plus que la température olympique, n'est pas optimale pour la performance. De plus, la chaleur ralentit sa récupération, alors qu'elle est engagée dans quatre distances. Malgré l'arrêt du chauffage cinq jours avant la compétition, l'eau ne se refroidit pas suffisamment, les nuits montpelliéraines étant trop chaudes.

Des sprinteurs moins affectés, des records battus

Yohann Ndoye-Brouard, après son titre en 100 mètres dos, a partagé son inconfort : "À un moment, j'ai cru que j'allais partir en malaise tellement j'avais chaud. J'ai pris du sucre, de l'eau, c'est dur pour les nageurs et je pense que pour la performance, ce n'est pas optimal." Pourtant, cela ne l'a pas empêché de remporter son deuxième titre national en 200 mètres dos le mardi 17 juin. Le même jour, quatre nageurs ont battu le record de France du 50 mètres nage brasse, après la nouvelle marque de Maxime Grousset sur 50 mètres papillon (22''70) dès samedi. Les distances plus courtes, nécessitant moins de bouffées d'air, sont moins sensibles à la chaleur, ce qui explique en partie ces performances exceptionnelles.

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L'effet "cuvette" de la piscine Angelotti

Au bord des bassins, entraîneurs et anciens nageurs s'interrogent. Philippe Jamet, président du club du 3Muc (Montpellier Méditerranée Métropole), relativise : "Ce n'est pas la première fois qu'il fait chaud." Les championnats, autrefois programmés entre mars et mai, ont lieu en juin depuis plusieurs années. En 2023, à Rennes, le thermomètre avait déjà atteint 30 degrés lors des trois derniers jours. Simon Dufour, ancien dossiste médaillé d'argent aux championnats d'Europe, évoque la configuration de la piscine : "Le bassin creusé sous terre ne favorise pas le brassage de l'air au niveau de l'eau, ce qui peut créer un effet 'cuvette' étouffant." Il ajoute : "Mais la chaleur a toujours fait partie de la compétition." Anastasiia Kirpichnikova, Yohann Ndoye-Brouard et les autres nageurs se rendront à Singapour du 11 juillet au 3 août pour les Mondiaux, dans un stade ouvert où les températures seront également autour de 30 degrés.

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