Ana Delahaie, la marcheuse de Bergerac, vise une médaille mondiale à Brasília
Ana Delahaie vise l'or mondial à Brasília avec l'équipe de France

Ana Delahaie, l'étoile montante de la marche française, vise les sommets à Brasília

À quelques jours de son 22e anniversaire en mai, la Bergeracoise Ana Delahaie incarne le renouveau de la marche athlétique française. Elle fait partie de cette nouvelle génération qui allie performances de haut niveau et image dynamique, contrastant avec les exploits parfois douloureux d'athlètes comme Yohan Diniz. Ce dimanche 12 avril, elle s'envolera pour Brasília avec ses coéquipières Pauline Stey, Clémence Beretta et Camille Moutard, avec un objectif clair : décrocher une médaille par équipe lors des championnats du monde.

Un retour en force après une blessure difficile

Le parcours d'Ana Delahaie vers ces mondiaux n'a pas été sans embûches. La jeune athlète a dû surmonter une fracture de fatigue au sacrum survenue un mois après sa dernière compétition en octobre dernier, où elle avait pourtant battu le record de France U23 du championnat de l'heure. « Je n'ai pas marché pendant deux mois, c'était long, une période de doutes, car c'était ma première blessure », confie-t-elle. Sa reprise s'est faite progressivement avec des sports portés comme le vélo elliptique et l'aqua jogging, avant un retour à l'entraînement fin janvier.

Sa sélection pour Brasília s'est finalement concrétisée grâce à la réussite d'un test chronométrique exigeant organisé par la Fédération française d'athlétisme à Bergerac, mais aussi grâce au précieux titre européen remporté par l'équipe de France en 2025. « On est en confiance avec ce titre européen, d'autant que c'est le continent où les nations sont les plus fortes », analyse-t-elle, tout en reconnaissant la menace que représentent des nations comme l'Espagne, l'Italie, ou hors Europe, le Japon et la Chine.

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Une préparation minutieuse pour affronter la chaleur brésilienne

Consciente des conditions climatiques difficiles qui l'attendent à Brasília, Ana Delahaie a mis en place une préparation spécifique et ingénieuse. « Je me suis préparée avec soin à la chaleur, j'ai fabriqué une thermo room maison - une pièce fermée avec le chauffage pour reproduire la chaleur humide qui nous attend à Brasília », révèle la marcheuse. Cette adaptation est d'autant plus cruciale que sa préparation a été écourtée par sa blessure, et que sa forme commence seulement à revenir au meilleur niveau.

Ces championnats du monde marquent également une transition importante pour la discipline, avec l'introduction du semi-marathon (21,0975 km) qui remplace désormais le 20 km jusqu'aux Jeux Olympiques de Los Angeles inclus. « La différence est mentale, cela change les repères, après 10 km on n'est plus à la moitié, il en reste onze. Mais cela ne change pas les sensations », explique Ana Delahaie qui aborde ce changement avec philosophie.

La passion d'une discipline technique et fluide

Interrogée sur ce qui l'a conduite à choisir la marche athlétique, Ana Delahaie évoque avec passion l'aspect technique de sa discipline. « J'ai aimé l'aspect technique, les deux règles : avoir toujours un contact avec le sol et la jambe tendue quand elle arrive au sol ». Sa marche naturellement fluide avait d'ailleurs frappé un entraîneur qui lui avait prédit un bel avenir. Elle décrit avec poésie les sensations uniques de sa discipline : « J'aime le rythme, l'impression que ce sont les bras et les jambes qui le donnent, l'impression aussi de frôler le sol avec des petits impacts sur la piste, l'impression de voler sans courir, la fluidité, jusque dans le déhanchement ».

Une discipline qui regagne en reconnaissance

La marche athlétique française connaît actuellement un véritable renouveau, après une période de relatif déclin. « Avant, il y a eu une période de creux, on nous jugeait peu intense, on nous mettait avec la marche nordique, qui n'est pas olympique. On perdait de la crédibilité », se souvient Ana Delahaie. La récente réintégration de la marche au programme des championnats de France en salle, après trois ans d'absence, témoigne de cette évolution positive.

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Les performances internationales des athlètes français contribuent également à redorer le blason de la discipline. Outre le titre européen par équipe féminine en 2025, les marcheurs français ont réalisé des performances remarquables aux derniers championnats du monde à Tokyo, avec Aurélien Quinion et Gabriel Bordier terminant respectivement 4e et 5e du 20 km. Pour Ana Delahaie, l'objectif immédiat reste clair : briller à Brasília avant de se tourner vers les championnats d'Europe de Birmingham cet été, qui constituent le grand rendez-vous de sa saison.