À Vintimille, les Italiens vivent le Mondial sans la Nazionale
Vintimille : les Italiens et le Mondial sans l'Italie

Le 11 juin 2026, la Coupe du monde de football a donné son coup d’envoi aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pourtant, pour les Italiens de Vintimille, ville frontalière de la France, un ingrédient essentiel manque à la ferveur du plus grand rendez-vous du ballon rond : la Nazionale. La dernière participation des Azzurri remonte à 2014, au Brésil, où ils furent éliminés dès la phase de groupes. Depuis, les désillusions s’enchaînent.

« Je préfère ne même pas en parler »

La blessure reste vive. « Écoutez, je préfère ne même pas en parler… Quand je repense à notre élimination lors du dernier barrage, j’ai honte », lâche Pino, la mine sombre, devant un stand de fruits et légumes du marché de Vintimille. Même amertume chez Antonio, attablé à la terrasse d’un café face à la mairie : « Finalement, c’est peut-être mieux comme ça. L’équipe nationale est tellement faible que, même si elle s’était qualifiée, elle serait sortie dès le premier tour. Franchement, je les enverrais tous travailler sous le soleil à récolter des tomates ! »

Une passion intacte malgré l’absence

L’absence de l’Italie n’empêche pas la compétition de vivre dans les discussions quotidiennes. Dans les bars du centre-ville, les conversations tournent souvent autour du football. Mario, retraité et ancien joueur du club de Vintimille, confie : « Certains de mes amis disent qu’ils ne regardent pas les matches, mais honnêtement, je ne les crois pas. J’adore le football. Bien sûr que ça m’agace de ne pas voir l’Italie, mais je continue à suivre la compétition avec plaisir. » Giovanni, lui aussi retraité, ajoute : « C’est un événement mondial, impossible de l’ignorer. Et puis, en été, il n’y a pas grand-chose d’autre à regarder à la télévision. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Argentine, Brésil… et un peu la France

Quand l’Italie n’est pas là, les sympathies des habitants de Vintimille vont majoritairement vers les nations latines. Fabrizio, propriétaire d’un café près du marché, explique : « Mon équipe préférée, c’est l’Argentine. Beaucoup d’Italiens ont émigré là-bas au siècle dernier. Et puis il y a Messi. Le voir jouer, c’est toujours un spectacle. » Son voisin Francesco préfère le Brésil : « Ce sont les maîtres du football et je pense qu’ils vont gagner cette Coupe du monde. Avec Carlo Ancelotti sur le banc, en plus d’être italien, comment pourraient-ils perdre ? » Quant à la France, Michele, rencontré près de la gare, assure : « Si elle arrive en finale, je serai pour la France. Nous sommes à deux pas de Menton. Il existe des liens historiques et humains entre nos territoires. Ce serait naturel de les soutenir… mais seulement en finale ! »

Une génération sans Nazionale au Mondial

Un groupe de collégiens, rencontré à un feu rouge, suit les matches malgré tout. « On regarde toutes les rencontres parce qu’on aime le foot », expliquent deux adolescents. « Pour nous, ce n’est pas très important que l’Italie soit là ou non… On ne l’a jamais vue jouer une Coupe du monde. » En attendant, à Vintimille, on regarde les matches autrement : avec un peu de frustration, beaucoup de nostalgie, mais toujours la même passion pour le football.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale