À San Antonio, au Texas, un mouvement gagne du terrain : celui des tradwives, contraction de « traditional wives ». Ces femmes, souvent jeunes et diplômées, font le choix assumé de se consacrer à leur foyer, à leur mari et à Dieu, rejetant les idéaux du féminisme moderne. Le phénomène, bien que minoritaire, suscite un intérêt croissant dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Une journée typique d'une tradwife
Le réveil sonne à 5 heures du matin pour Alena, 28 ans, mère de deux enfants. Elle prépare le petit-déjeuner, habille les enfants, nettoie la maison et s'assure que tout est parfait pour le retour de son mari, David, ingénieur dans une entreprise locale. « Mon travail est de faire de notre maison un refuge », explique-t-elle. Comme elle, des milliers de femmes américaines revendiquent ce mode de vie, inspiré des années 1950, mais adapté au XXIe siècle.
Un mouvement amplifié par les réseaux sociaux
Sur Instagram et TikTok, les tradwives partagent leurs astuces ménagères, leurs recettes de cuisine et leurs conseils pour « chouchouter » leur mari. Le hashtag #tradwife cumule des millions de vues. « C'est une façon de retrouver un sens à la vie de famille, loin du stress de la carrière », témoigne Sarah, 32 ans, ancienne cadre en marketing. Selon une étude du Pew Research Center, 15% des Américaines âgées de 18 à 34 ans considèrent que le rôle principal de la femme est de s'occuper du foyer, contre 10% il y a dix ans.
Un choix controversé
Ce retour à la tradition ne fait pas l'unanimité. De nombreuses voix féministes y voient un recul des droits des femmes. « C'est une idéologie dangereuse qui enferme les femmes dans des rôles stéréotypés », estime Jessica Valenti, auteure et militante. Pourtant, les tradwives assurent agir en toute liberté. « Personne ne m'a forcée. J'ai choisi cette vie parce qu'elle me rend heureuse », rétorque Alena.
Une communauté soudée à San Antonio
À San Antonio, un groupe de tradwives se réunit chaque semaine pour échanger conseils et soutien. « Nous sommes comme une grande famille », confie Maria, 35 ans, qui a quitté son poste d'infirmière pour se consacrer à ses trois enfants. Le mouvement est particulièrement fort dans les États conservateurs du Sud, où la religion et les valeurs familiales sont prédominantes.
Un phénomène qui interroge la société
Au-delà des clivages, le phénomène tradwife pose la question de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Alors que le taux d'emploi des femmes atteint des records aux États-Unis, certaines choisissent délibérément de revenir à un modèle plus traditionnel. « C'est une réaction à l'hyperconnectivité et à la pression sociale », analyse le sociologue Michael Kimmel. « Ces femmes cherchent un refuge dans le foyer, mais cela ne signifie pas qu'elles renoncent à toute ambition. »



