Le tournoi des 36 heures de Scrabble à Draguignan a débuté vendredi 3 juillet 2026 pour sa dixième édition. Jusqu’à dimanche, des joueurs venus de toute la France participent à cette compétition internationale, où ils s’affrontent de jour comme de nuit.
Un jeune prodige face à une joueuse expérimentée
Quentin Bachellerie, 14 ans et triple champion de France en catégorie jeune, affronte Pascale, licenciée au club de Draguignan depuis dix ans. « Tu leur fais peut-être peur, mais moi tu ne me fais pas peur. Ça fait plus de vingt ans que je joue au Scrabble. Alors maintenant, c’est toi qui as peur ? », le taquine-t-elle. Autour d’eux, vingt-deux autres joueurs disputent ce vendredi le tournoi en formule « classique », en face-à-face, avec l’objectif d’inscrire davantage de points que son adversaire.
36 heures non-stop de duplicate
La particularité de ce rendez-vous est le duplicate, qui commence samedi et réunit une centaine d’amateurs pendant 36 heures sans interruption. Les plus courageux ne quittent pas le gymnase du week-end. Une salle dortoir a été aménagée pour permettre quelques siestes entre les manches. Pendant ce marathon, tous les participants disposent du même tirage et doivent trouver le mot rapportant le maximum de points. La compétition est divisée en cinq tournois, organisés par Roland Buson, président du club de Draguignan, avant une remise des récompenses en présence des élus.
Une dimension internationale
À plusieurs milliers de kilomètres, d’autres amateurs de Scrabble planchent exactement sur les mêmes tirages. Au Cameroun, au Sénégal, au Bénin, au Niger, à Madagascar ou encore en République démocratique du Congo, les 36 heures prennent le même top départ et sont suivies en direct depuis Draguignan via un groupe WhatsApp.
Quentin aborde ce marathon avec confiance. Déjà présent l’an dernier, il s’entraîne aujourd’hui entre douze et treize heures par semaine. Il est passé par les compétitions scolaires, un dispositif qui attire chaque année davantage de jeunes dans le Var. Plus de 3 000 élèves y ont participé cette année, faisant du département le deuxième plus important vivier de joueurs scolaires en France.
La convivialité au cœur du jeu
« Ça devrait être obligatoire dans les écoles », lance Thierry Hauw, président du club de Vidauban, également engagé dans le tournoi classique. Il apprécie la dimension stratégique du jeu : placer ses mots tout en bloquant les possibilités de son adversaire. Son adversaire est une amie : « Quand j’ai su que je tombais contre elle, je me suis dit : chouette, je vais gagner ! », plaisante-t-il. Il remporte la partie.
Au-delà de la compétition, c’est la convivialité qui fait revenir les participants. Pascale, installée à Draguignan, a rejoint le club pour rencontrer du monde. « J’ai de vrais amis que je retrouve toutes les semaines », confie-t-elle. Aujourd’hui, ses amis sont ses adversaires. Le chronomètre s’arrête : Quentin remporte la partie. Pascale ne perd pas son humour : « Normalement, on est concentrés. Mais là, il m’a tellement battue qu’au moins, on a pu plaisanter ! » Les sourires laissent place au silence pour deux jours de marathon des mots.



