Ce lundi 27 avril 2026, l'entrée de plusieurs établissements pénitentiaires à travers la France a été verrouillée par des agents dénonçant un trop grand nombre de détenus par rapport aux places disponibles. À la prison de la Santé, à Paris, le taux d'occupation avoisine les 190 %. Des surveillants, vêtus de gilets bleu ciel, ont bloqué l'accès avec un banc de bois, ne laissant passer que les membres de la direction ou les collègues.
Un mouvement national
Ce mouvement, à l'appel du syndicat Ufap-Unsa rejoint par la CGT, vise à dénoncer les conditions de travail détériorées en raison de la surpopulation carcérale. Selon le ministère de la Justice, 22 % des prisons étaient bloquées en fin de matinée, un peu partout en France, notamment à Bois-d'Arcy (Yvelines), Lyon-Corbas (Rhône) ou Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault). Les extractions de détenus ont parfois été empêchées. FO Justice, premier syndicat chez les surveillants, ne s'est pas associée à cette mobilisation, estimant qu'elle intervenait « trop tôt ».
Une situation explosive
À la Santé, près de 80 agents sont venus en soutien du blocage, postés sur le trottoir en face du piquet de grève. L'un des syndicalistes a confié que certains agents préfèrent ne pas être devant les caméras des journalistes car ils habitent dans les mêmes cités que beaucoup de détenus. Tous dénoncent la surpopulation carcérale qui transforme les prisons en véritables cocottes-minute. « Les cellules débordent, les couloirs sont pleins », chantent-ils sur une musique metal générée par intelligence artificielle.
Des revendications multiples
Les agents pénitentiaires réclament non seulement une réduction du nombre de détenus, mais aussi un renforcement des effectifs et une amélioration de leurs conditions de travail. Ils pointent du doigt le manque de moyens humains et matériels, qui entraîne une dégradation de la sécurité au sein des établissements. La surpopulation carcérale, qui atteint des niveaux records, est au cœur de leurs préoccupations.
Un appel à l'action
Ce blocage n'est que le début d'une série d'actions prévues par les syndicats. Ils entendent maintenir la pression sur le gouvernement jusqu'à l'obtention de mesures concrètes. La ministre de la Justice a indiqué qu'elle recevrait les représentants syndicaux dans les prochains jours pour discuter des solutions possibles. En attendant, la situation reste tendue dans les prisons françaises, où le taux d'occupation moyen dépasse les 120 %.



