Le Parlement européen a définitivement adopté, le 21 octobre dernier, une réforme majeure du permis de conduire qui s'appliquera dans les 27 États membres. Cette directive, qui vise à moderniser les règles de conduite pour améliorer la sécurité routière, prévoit notamment une visite médicale obligatoire tous les 15 ans et un renforcement du partage d'informations entre pays pour mieux sanctionner les infractions. L'objectif affiché est ambitieux : se rapprocher autant que possible de zéro accident mortel sur les routes de l'UE d'ici 2050.
Les principales mesures de la réforme
Désormais, les permis de conduire ne seront plus valables à vie. Pour les voitures comme pour les motos, la validité sera limitée à 15 ans. Les conducteurs devront passer des tests ophtalmologiques et cardiovasculaires avant de renouveler leur permis ou d'en faire la première demande. Les États membres conservent une certaine marge de manœuvre : ils peuvent réduire cette durée à 10 ans si le permis sert de pièce d'identité nationale, ou pour les conducteurs de 65 ans et plus, avec des visites médicales plus fréquentes ou des cours de remise à niveau.
Une réforme qui divise
L'association 40 millions d'automobilistes dénonce une mesure discriminatoire, coûteuse et inutile pour la majorité des automobilistes. En revanche, des victimes d'accidents se réjouissent de cette avancée. Valérie Collin, dont la mère de 76 ans a été tuée par une conductrice de 86 ans à Laval en 2022, estime cette réforme indispensable. De même, Marine Benoit, percutée par un automobiliste de 87 ans à Dinard, se considère comme une miraculée et souligne l'importance de contrôler l'aptitude à conduire des personnes âgées.
Autres changements notables
Les jeunes de 17 ans pourront passer le permis mais devront être accompagnés d'un conducteur expérimenté jusqu'à leurs 18 ans, avec une période probatoire de deux ans. Le partage d'informations entre États membres est renforcé pour éviter que les auteurs d'infractions graves à l'étranger échappent aux sanctions. Les autorités nationales devront s'informer mutuellement sans retard injustifié des décisions de déchéance du droit de conduire.
Calendrier d'application
Les États membres disposent de trois ans pour transposer ces dispositions dans leur droit national, puis d'une année supplémentaire pour préparer leur application. Ils peuvent également remplacer la visite médicale par des formulaires d'autoévaluation ou d'autres systèmes d'évaluation nationaux.
En 2024, près de 20 000 personnes ont perdu la vie sur les routes européennes. Cette réforme s'inscrit dans une stratégie globale visant à réduire ce chiffre à zéro d'ici 2050.



