Une réunion sous le signe de la résilience
Mardi soir, le centre socioculturel André-Malraux affichait complet pour la cinquième réunion de Bonjour Nîmes!. Face à l'affluence, certains habitants ont dû suivre les échanges depuis le hall, équipé de haut-parleurs. Amal Couvreur, première adjointe, notant les remarques dans un « cahier de l'espérance », a salué la résilience des participants.
Les préoccupations des résidents
Les habitants du Chemin-Bas d'Avignon, Clos d'Orville, Grézan, et autres quartiers ont interpellé le maire Vincent Bouget sur des sujets brûlants. Le trafic de drogue inquiète particulièrement les mères : « en tant que maman, on vit dans la peur », confie l'une d'elles. Mais l'espoir d'un avenir meilleur pour la jeunesse domine.
Emploi : un leitmotiv
Agnès, mère de famille, s'interroge : « Mes enfants pourront-ils rester à Nîmes ? » Une jeune diplômée d'un Master déplore : « Trouver du travail ici, c'est très compliqué. On me dit de partir à Paris, mais j'aimerais vivre ici. » Fadoua lance un appel : « Il faut créer de l'emploi pour les jeunes. » Un intermittent du spectacle, issu du cours Florent, invite les jeunes à agir par eux-mêmes avant de solliciter les administrations.
Ayoub, 22 ans, témoigne : « J'ai vendu, j'ai dealé et je n'en suis pas fier. Des collègues sont morts ou en prison. Mais le quartier ne se résume pas à ça. Il faudrait aider les jeunes qui s'en sortent avec des formations adaptées. » Le maire résume : « Il faut que les gens se sentent traités de la même manière. »
Écoles et cadre de vie
Une habitante demande : « Avez-vous des pistes pour rendre les écoles vivables l'été ? » Une autre réclame plus de variété dans les repas à la cantine et une simplification des réservations. Une déléguée de parents d'élèves déplore « l'état des écoles au Chemin-Bas, on peut difficilement faire pire ». Au Clos d'Orville, une école rénovée est saluée, mais son environnement est critiqué : « la rue est tout abîmée ». Gaëtan, enseignant, demande des installations sportives dignes pour les collégiens. La gratuité des transports scolaires et des bus après 22h sont espérés.
Espaces verts et propreté
Yacine souhaite « plus de parcs dans les quartiers ». Une bénévole de Nouvel Horizon au Clos d'Orville constate : « Il n'y a rien. Il faut aller au Chemin-Bas. » Mohamed, collégien, veut « plus de verdure ». Vincent Bouget insiste sur la nécessité de « sécuriser la vie quotidienne » et de dépasser les demandes individuelles. Fadoua propose : « Si on avance la main dans la main, ce sera un Nîmes parfait. »
Voirie, circulation et le projet Mas Lombard
Route de Beaucaire, la chaussée se dégrade et les déchets s'accumulent. Une dame rêve de « sortir de chez soi sur des trottoirs praticables ». Sonia, rue de Grézan, dénonce les dépôts sauvages et les déjections canines : « Cela devient infernal. » Au Mas Chalvidan, les routes sont pleines de nids-de-poule. Un senior alerte : « C'est un quartier à l'abandon. Le soir, c'est le rallye des garrigues. Des voitures ont fait des tonneaux. Il va y avoir des morts. » Rue de l'Abrivado, 6 600 véhicules par jour créent une circulation folle.
Enfin, Mohamed interpelle les élus sur l'écoquartier du Mas Lombard : « 20, 30 ans qu'il doit se faire. L'abandonnerez-vous ? Sur une zone inondable, on n'en veut pas. »



