Des infiltrations récurrentes à la résidence Les Mosaïques
Depuis 2020, la situation ne cesse de se dégrader à la résidence Les Mosaïques du Bouscat. Infiltrations dans les appartements, toitures à reprendre, étanchéité des balcons compromise et gouttières sous-dimensionnées : les problèmes s'accumulent sur la liste de Jessica Lavocat, présidente du conseil syndical. Aucun des neuf bâtiments de cet îlot d'habitat n'est épargné.
Jessica Lavocat, propriétaire d'un T4, témoigne : « Chez moi, les infiltrations proviennent du balcon du dessus. J'ai subi trois dégâts des eaux. Chaque fois, on refait les mêmes interventions, jamais les bonnes, et ça recommence ! Les taches reviennent à nouveau dans ma chambre. »
Des locataires exaspérés
Dans un immeuble voisin, Audrey, locataire, n'en peut plus. Elle ouvre la porte de sa salle de bains : des traces noirâtres constellent les parois. « Au début, je nettoyais mais c'est peine perdue. La moisissure revient systématiquement. L'odeur est insupportable. La chambre de mon fils est également touchée. Comme il fait de l'asthme, je continue d'enlever les traces dans cette pièce, d'aérer, mais l'humidité persiste. Pourtant, la VMC fonctionne bien. » Malgré ses démarches, elle attend toujours une réponse concrète.
Les témoignages se répètent d'un appartement à l'autre. Cécile, locataire d'un duplex dans le bâtiment 5, se débat avec les infiltrations. « L'autre jour, lorsqu'il pleuvait, j'ai encore eu une flaque d'eau dans le bureau. Voyez ce trou, là, derrière c'est la laine de verre. »
Des travaux d'isolation en cause
Beaucoup constatent une dégradation nette depuis les travaux d'isolation par l'extérieur réalisés par Domofrance, le bailleur social qui gère 70 logements locatifs. Les autres biens, près d'une cinquantaine, appartiennent à des propriétaires privés. L'ensemble de la résidence a été traité sur le plan énergétique.
Au début, chaque foyer agissait de son côté : interpellations du gestionnaire, échanges de mails, lettres recommandées, assurances, expertises. Dans quelques cas, des réparations ont eu lieu via l'assurance dommages-ouvrage, mais avec un effet de courte durée.
Des gouttières inadaptées
Jessica Lavocat pointe l'inertie de Domofrance. « La mise en œuvre des gouttières après la pose d'ITE ne correspond plus au bon fonctionnement de l'écoulement des eaux pluviales. L'épaisseur du matériau d'isolation ne permet plus le bon débord des tuiles à l'égout. » Elle cite un mail de juin 2025 du syndic social de Domofrance. « Lorsqu'il pleut, l'eau glisse le long des murs et tombe au pied des appartements de rez-de-chaussée. Les façades verdissent de plus en plus. »
Ces dernières semaines, Jessica Lavocat a transmis un dossier commun à Bordeaux Métropole pour témoigner de l'insalubrité. Des inspections ont eu lieu. La Ville du Bouscat, alertée, a reçu des représentants du bailleur. « On a l'impression que ça commence à bouger », admet-elle.
Domofrance promet des mesures
Éric Mangiarotta, directeur qualité de service et proximité chez Domofrance, reconnaît les problèmes : « Il s'agit de reconnaître que des choses ne vont pas. Il faut qu'on change de braquet. Nous allons engager une procédure de dommages-ouvrage globale pour régler le problème à l'échelle de l'ensemble des résidents. » Il ajoute : « Lorsqu'on fait une réhabilitation, c'est pour apporter un plus. Si c'est du moins, c'est désagréable pour tout le monde. Chacun doit être placé devant ses responsabilités. » Avant les travaux d'envergure, Domofrance prévoit des « mesures ponctuelles » pour les cas les plus graves.



