Cimetière fantôme de La Seyne : 1,5 million d'euros investis pour rien
Cimetière fantôme : 1,5 million d'euros perdus

Plus de 1,5 million d’euros ont été engloutis dans le projet de cimetière de Camp Laurent à La Seyne-sur-Mer, mais le site demeure à l’abandon, sans aucun défunt inhumé depuis son inauguration partielle en 2021. Ce serpent de mer politique, qui traîne depuis plus de trente ans, semble désormais enterré définitivement.

Un projet né dans les années 1990

L’histoire remonte au début des années 1990, lorsque la municipalité de l’époque acquiert un terrain de quatre hectares au nord de la voie ferrée. L’objectif était alors d’anticiper la saturation annoncée du cimetière central et d’offrir aux habitants des conditions d’inhumation décentes. Mais les alternances politiques, les aléas juridiques et les contraintes économiques ont rapidement freiné les ardeurs.

À la fin du siècle dernier, les premiers caveaux sont installés, mais jamais attribués. Il faut attendre 2021 pour qu’une « première tranche » soit inaugurée en grande pompe : un Jardin du souvenir, un columbarium, un carré des anges pour les enfants, 65 caveaux et des terres communes sont alors présentés comme opérationnels.

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Cinq ans après, toujours fantôme

Pourtant, cinq ans plus tard, rien n’a changé. Le site conserve son allure de cimetière fantôme, et la nouvelle municipalité ne semble pas pressée de le mettre en service. « Contrairement à ce qui a longtemps été dit, il n’y a pas de saturation au cimetière central. Nous avons repris les concessions abandonnées, un travail négligé par le passé », a déclaré Dorian Munoz, maire, lors du conseil municipal.

Son prédécesseur, Jo Minniti, aujourd’hui dans l’opposition, reconnaît que « les fins de concessions étaient mal gérées », mais suggère d’étudier l’ouverture de Camp Laurent pour les carrés musulman et israélite, proches de la saturation. Dorian Munoz rétorque : « Si on l’ouvre à un culte, il faudra l’ouvrir à tous les cultes », préférant des échanges de parcelles au cimetière central.

Un gouffre financier

Le projet a déjà coûté plus de 1,5 million d’euros aux finances communales sur les vingt dernières années. « Certes, les travaux ont représenté un investissement, mais si on l’ouvre sans utilité, on perdra encore de l’argent sur le fonctionnement », a justifié Dorian Munoz. L’avenir du cimetière de Camp Laurent semble donc compromis, enterré par les réalités budgétaires et démographiques.

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