Plus de 200 licenciés, 8 disciplines, 13 nationalités, le respect comme valeur principale… À Nice-Est, Théagène est le club multisports qui rassemble « les gens dans la fraternité ». Avec plus de 200 licenciés représentant 13 nationalités, l’association sportive Théagène Nice regroupe une multitude de disciplines qui ne cessent de s’étendre.
Un club né de la conviction que le sport unit
On dit souvent que le sport rassemble, qu’il nous fait découvrir de nouvelles personnes et de nouvelles cultures en unissant les gens autour d’une passion commune. C’est cette conviction qui a poussé Magomed Ashkapov à créer l’association Théagène Nice en 2011, au cœur de quartiers dits « sensibles » de la ville (Las Planas, Saint-Roch et le Vallon des Fleurs). Lui, l’ancien champion d’Europe de Kickboxing qui a fui la guerre en Tchétchénie en 2005 pour offrir un avenir meilleur à sa famille, est un homme au grand cœur.
Quinze ans après la création du club, épaulé par de précieux bénévoles, il offre à travers son association une véritable bulle d’oxygène à plus de 200 personnes. Pendant quelques heures, jeunes et adultes s’éloignent des difficultés du quotidien pour se retrouver autour du sport.
Le club s’ouvre à la culture
Loin de se limiter aux sports de combat, le club s’ouvre à la culture avec des cours de dessin et, très prochainement, des ateliers de cuisine. Ces derniers seront animés par sa femme, Raimain. Lors du gala de fin d’année, le jeudi 4 juin 2026, elle a d’ailleurs régalé l’assemblée avec une multitude de pâtisseries confectionnées selon des recettes familiales. « Je veux ajouter la cuisine. On invitera les parents des quartiers difficiles, c’est un moyen de les rapprocher des jeunes », explique Magomed.
Le respect comme maître-mot
Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de huit disciplines qui sont proposées au club : boxe anglaise, MMA, Jiu-Jitsu Brésilien, karaté, football, self-défense et danse. Des pratiques encadrées par une règle d’or sur laquelle insiste le vice-président, Michel Varro : le respect. « On essaye de fédérer tout le monde, tous les quartiers. C’est important d’imposer le respect pour l’avenir de ces jeunes, c’est notre philosophie. Il faut essayer de construire, de leur donner l’envie de venir pour bâtir la suite et transmettre à leur tour. »
Cet engagement est crucial dans un contexte parfois lourd. Magomed, qui compte aujourd’hui sur plusieurs bénévoles dans les différents quartiers pour l’épauler, rappelle l’importance d’offrir un cadre sain : « On essaye d’inciter à la sécurité. Il y a quelques semaines encore, il y a eu des tirs ici, dans le quartier de Saint-Roch. »
Rendre le sport accessible à tous
Pour permettre à ces jeunes de pratiquer une activité physique sans forcément avoir de gros moyens, le Niçois d’adoption tient à réduire au maximum le coût de l’adhésion. Il avait justement créé la section football dans ce but-là pour permettre aux enfants qui ne peuvent pas payer de jouer à leur sport fétiche. « L’adhésion est de 50 euros en moyenne, mais ça peut souvent être gratuit. Je cherche activement des sponsors pour maintenir ce prix. »
En regroupant 13 nationalités, le club brise les barrières de la langue et de la culture. Ici, on est tous unis sous la tunique du Théagène. « Rassembler les gens dans la fraternité, j’en suis fier. Je dis souvent : laissez vos mauvais caractères dans le vestiaire, et entrez dans la salle comme des frères et des sœurs. » Un puissant message d’entente et de paix prôné par Magomed, au-delà des différences de nations ou de religions.



