Un atelier de sugelli pour renforcer les liens dans la vallée de la Roya
Dans la vallée de la Roya, la confection des sugelli, ces délicates spécialités culinaires locales, a servi de catalyseur pour un beau moment de cohésion sociale. Récemment, les personnels et les résidents de la plateforme du Prieuré se sont retrouvés autour d’un atelier culinaire exceptionnel, animé par la championne du monde de sugelli, Lucie Moulin.
Les mains dans la farine, le handicap oublié
« Les mains dans la farine, les pouces dans la pâte », s’est exclamée en riant Lucie Moulin, pour qui encadrer un tel atelier à l’ESAT du Prieuré de Saint Dalmas de Tende était une première. « Les résidents, les travailleurs et les personnels sont exceptionnels », a-t-elle souligné avec enthousiasme. « C’est un bonheur de leur montrer comment confectionner ces petites merveilles du patrimoine culinaire de notre territoire ».
Autour d’elle, Monique et Anna, venues du village voisin, ont apporté leur dextérité et leur humour pour prêter main-forte. Mattéo, travailleur en situation de handicap à la blanchisserie du Prieuré depuis deux ans et demi, participait avec fierté. « Ça change du boulot ! J’ai essayé et ce n’est pas encore ça. Mais je serai le premier à les manger ! », a-t-il confié avec un sourire, même s’il maîtrise encore mal le geste pour faire glisser la pâte sur le taillaou, la planche en bois traditionnelle.
L’art culinaire comme vecteur d’inclusion
Autour de la cheffe du restaurant l’HarTmonie à Castillon, décrit comme un « lieu d’inclusion, d’échanges et de partages », tout le monde s’est affairé à préparer la sauce qui accompagnera les pâtes fraîches. Ici, le handicap est balayé d’un revers de main : chacun s’active et réalise les mêmes tâches, dans une atmosphère d’égalité.
Pour l’occasion, personnels, résidents et travailleurs de la plateforme de l’APREH du Prieuré se sont rassemblés, venant de l’ESAT à Saint Dalmas, de la MAS des Fontaines à La Brigue, et de la Résidence Autonomie à Sospel. Des stagiaires du programme Erasmus+ étaient également présents, enrichissant cette mixité.
Un projet fédérateur initié par la direction
Marie-Christine, sophrologue et art thérapeute, a expliqué l’origine de cette initiative : « Le directeur Olivier Baillot a initié le projet de faire venir les dames de Tende qui maîtrisent la confection des sugelli pour transmettre leur savoir-faire. L’art culinaire rassemble tout le monde, c’est aussi une façon de sortir de l’environnement habituel ».
Elle a ajouté : « Mon mari est chef d’équipe principal à Sospel et encadre les travailleurs hors les murs. Gwenaëlle est aussi sur le centre de Sospel à la Résidence Autonomie. On a mutualisé toute la plateforme et fait venir des personnes des différents établissements. Cuisiner, ça rassemble ! ».
Des personnels unis autour d’un objectif commun
Brigitte et Stéphanie, soignantes, Céline, animatrice, et Evelyne du service comptabilité se sont jointes à l’aventure. « Dans le cadre de la mixité et du relationnel. Ça me sort un peu des chiffres ! », a souri Evelyne. Sylvie a, quant à elle, souligné qu’un projet commun « est bénéfique parce qu’il rassemble pour mieux se connaître ».
Ces rencontres entre personnels, souvent habitués à des réunions de travail plus formelles, ont offert une opportunité constructive d’échanges et de collaboration dans un cadre détendu et convivial.
De la confection à la dégustation : la joie d’être ensemble
Après la confection minutieuse des pâtes, place à la dégustation ! Dans la bonne humeur, les rires et la joie d’être ensemble ont rempli la salle. Ce moment partagé a illustré comment le « coup de pouce » nécessaire pour réaliser les plis des sugelli symbolise aussi le secret de l’inclusion : une attention mutuelle, une entraide et un plaisir commun.
Cet atelier culinaire dans la vallée de la Roya a ainsi démontré que la transmission d’un savoir-faire patrimonial, comme celui des sugelli, peut devenir un puissant levier de lien social, de reconnaissance et de cohésion au sein d’une communauté diversifiée.



