Émilie Chantepie : un combat contre le cancer transformé en élan humanitaire pour le Maroc
En avril 2024, le destin d'Émilie Chantepie bascule brutalement lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'une tumeur cérébrale incurable, un glioblastome de grade 4, l'une des formes de cancer les plus agressives. Les médecins ne lui donnent alors que douze mois d'espérance de vie. Deux ans plus tard, cette mère de famille installée à Urrugne, dans le Pays basque, défie toujours la maladie et consacre toute son énergie à un projet qui lui tient à cœur : une aide humanitaire au Maroc, le pays de ses rêves.
Le diagnostic qui change tout
En septembre 2023, Émilie travaille avec son mari au restaurant Le Milesker lorsqu'elle commence à souffrir de migraines intenses et de plus en plus fréquentes. Après des arrêts de travail et des examens, une IRM cérébrale révèle le diagnostic implacable. Face à ce choc, elle choisit de transformer sa situation en moteur pour agir. « Je voulais faire quelque chose de fort, qui m'anime, qui a du sens », explique-t-elle.
Un projet humanitaire qui prend forme
Émilie envisage d'abord de participer au rallye humanitaire Roses des Sables, mais la dégradation de sa santé l'en empêche. Loin de renoncer, elle crée l'association Cœur 2 Gazelles et se lance dans une collecte de dons. En décembre dernier, accompagnée de son mari et de ses deux enfants, elle part au Maroc distribuer 580 kilos de vêtements, jouets et fournitures médicales dans les environs de Marrakech et des petits villages de l'Atlas.
Sur place, elle découvre une réalité frappante : des familles dans un dénuement total, des enfants émerveillés par des dons simples, et un accueil chaleureux malgré la pauvreté. « Ça a été un vrai bonheur et un véritable accomplissement. Cette cause donne un sens à ma vie ! », confie-t-elle.
Des ambitions renforcées pour l'avenir
Fort de cette expérience, Émilie prépare un nouveau convoi pour 2026, avec des objectifs encore plus ambitieux. Elle souhaite équiper une école détruite, installer un poulailler et introduire des moutons pour aider les habitants à subvenir à leurs besoins alimentaires. Des dons de matériel scolaire et de kits d'hygiène seront également destinés à des orphelinats oubliés.
Près de 300 kilos de fournitures ont déjà été récoltés, et un grand vide-greniers est organisé le dimanche 24 avril au complexe sportif de Socoa pour alimenter la collecte. Émilie y met toute son énergie, déterminée à faire grandir son projet.
Une lutte quotidienne contre la maladie
Malgré sa volonté de fer, la réalité médicale reste sombre. Le glioblastome est irréversible, et Émilie subit des IRM mensuelles tout en luttant contre des douleurs neuropathiques violentes et une fatigue omniprésente. Elle a même tout préparé pour sa fin de vie, de ses obsèques aux messages pour ses proches, afin de ne « rien imposer ».
« Aujourd'hui, je n'ai plus peur de mourir. On me dit de ne rien espérer, car c'est irréversible, mais quoi qu'il en coûte, j'irai jusqu'au bout. Ça va faire deux ans qu'on a trouvé la tumeur alors qu'on m'avait donné douze mois. J'ai doublé le record. Je ne pense plus qu'à une chose : donner tout ce que je peux et remplir la tête de mes enfants de souvenirs », déclare-t-elle avec une résilience exemplaire.



