Menton célèbre le sport comme vecteur de paix et de vivre-ensemble
Ce mercredi 8 avril 2026, le parc de la Madone à Menton a vibré au rythme d'une initiative originale : la Journée sport et paix. Organisée par le service jeunesse de la ville, cette manifestation a délibérément mis de côté les performances et les scores pour mettre en lumière les valeurs humaines fondamentales que peut véhiculer la pratique sportive.
Transmettre des valeurs au-delà de la compétition
Dès 10h30, sous un soleil généreux, des dizaines d'enfants ont investi les installations du parc. L'objectif était clair : leur faire découvrir que le sport ne se résume pas à la compétition. « J'ai emmené mon fils Nino car il a râlé un peu trop fort après son match de tennis ce week-end », confie Caroline, mère d'un garçon de 9 ans. « Je voulais lui montrer qu'il n'y a pas que sa raquette et le tournoi de Monte-Carlo dans la vie. Il y a d'autres sports, et d'autres valeurs que la compétition ».
Le respect comme fondement de la pratique
Sur l'espace dédié au skate, Jacques, fondateur de la section glisse de l'Étoile de Menton en 2005, inculque une leçon essentielle avant même de monter sur une planche. « C'est hyper important, se protéger c'est la première étape du respect. Ça permet de se respecter soi », explique-t-il avec conviction. « Puis le respect se déplace vers les autres, en apprenant aux jeunes à rouler, tourner ou freiner sans être dangereux pour les autres skateurs ».
L'égalité et l'accessibilité sur la piste d'athlétisme
À quelques mètres de là, sur une piste d'athlétisme improvisée, Joris Delarbre, bénévole de 23 ans à l'ASD Mentonnais, défend une autre valeur cardinale. « La première valeur, c'est l'équité. Que tu sois riche, pauvre, intelligent, homme ou femme… Si tu as ta paire de baskets, tu peux venir faire de l'athlétisme. Ça met tout le monde au même niveau ». Il souligne ainsi l'explosion de la pratique du running en France, avec 12,4 millions de coureurs en 2025 selon l'Observatoire du running.
La collaboration au cœur de la capoeira
L'ambiance change radicalement autour du cercle de capoeira, où les percussions résonnent et les corps dialoguent. Tulio, professeur originaire de Rio installé en France depuis 2017, voit dans cette discipline brésilienne un formidable outil d'intégration. « La capoeira, c'est le sport parfait pour apprendre l'intégration », affirme-t-il. « Ce n'est pas individualiste. On apprend que l'on a toujours besoin de l'autre. Tout est dans le regard : il ne faut ni dispute, ni conflit, seulement de la collaboration ».
Le collectif comme refuge sur le terrain de basket
Sur le terrain de basket, Malcolm Guervil-Giroux, coach au Menton Basket Club, observe ses jeunes athlètes avec une attention particulière. Dans un contexte où 59% des Français déclarent avoir subi des violences dans leur club (selon une étude de février 2026), il défend une vision apaisée du sport. « Le basket les aide à être plus forts mentalement. On leur apprend à être en groupe, à partager et à éviter les affrontements ». Pour lui, le terrain peut même devenir un refuge, comme pour ce jeune de moins de 11 ans qui trouve dans l'entraînement une échappatoire à ses problèmes familiaux.
Une victoire des valeurs humaines
Jusqu'à 18 heures, les enfants ont pu s'initier à diverses disciplines dans une atmosphère détendue et bienveillante. Certains ont même été récompensés, non pas pour leurs performances athlétiques, mais pour leur respect et leur acceptation de l'autre. Une manière concrète de célébrer des victoires qui, selon les organisateurs et les parents présents, valent bien tous les trophées.



