À Bagnols, le jardinage comme thérapie pour des demandeurs d'asile
Jardinage thérapeutique pour demandeurs d'asile à Bagnols

Depuis plusieurs années, l'association Agir ABCD intervient auprès des demandeurs d'asile du Cada Bords du Rhône, situé à Bagnols-sur-Cèze, en leur proposant une activité de jardinage. Ce potager, où poussent gombos, pastèques et tomates, est devenu un espace d'apprentissage et de lien social.

Un espace d'échange et de partage

Coup de bêche après coup de bêche, Dorcas retourne la terre pour arracher les mauvaises herbes. Cette discrète trentenaire, originaire de République démocratique du Congo, n'avait jamais jardiné auparavant. Comme Bibiané, qui ratisse le sol à ses côtés, elle a demandé l'asile en France et est hébergée par le centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) Bords du Rhône. Le Cada, géré par la Croix-Rouge, dispose de 90 logements répartis sur Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Saint-Nazaire et Connaux. En 2025, il a accompagné 144 personnes, dont 31 familles, issues de divers pays, l'Afghanistan étant le plus représenté (23 %), suivi de la RDC (17 %). La durée moyenne de séjour est de 13 mois.

Sur le terrain à l'arrière de la structure, six personnes s'affairent sous l'œil de Chantal de Seresin, retraitée agronome et bénévole d'Agir ABCD. L'association dispense des cours de français, des ateliers d'insertion professionnelle et anime ce jardin partagé. « Avec le râteau, essaie de boucher le trou », conseille-t-elle à un jardinier, tout en portant des plants de pastèque. « Au départ, on avait choisi des légumes locaux, mais les personnes ne les connaissaient pas. On a donc planté des piments, des poivrons, et un Afghan a apporté des graines de gombo, qui a eu beaucoup de succès. »

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Voir le fruit de son travail

L'objectif est de permettre aux demandeurs d'asile de bénéficier des produits cultivés. « C'est l'occasion de mettre des légumes frais dans son assiette », explique Fabienne Darritchon, responsable du service. Mais l'atelier va plus loin : « Il valorise les savoir-faire de personnes issues de régions agricoles et leur apprend le français autrement. Surtout, il offre un espace d'échange à des personnes contraintes à l'inactivité, ce qui peut être très anxiogène. »

Chantal de Seresin et Bernard Bacquet, bénévoles, confirment : « Parfois, c'est le seul moment de la semaine où ils sortent. Ils ont besoin de se défouler. » Alhaji, 20 ans, venu de Sierra Leone, bêche avec ardeur. « Ici, je ne fais rien, donc le jardinage est très important pour la santé. Cela me permet de voir le fruit de mon travail », témoigne-t-il.

Un anniversaire à célébrer

Le Cada fête ses dix ans cette année et souhaite organiser une fête mettant à l'honneur les cultures des personnes accompagnées. « Chacun ramènerait un plat, ferait une danse, et nous aurions un défilé de tenues traditionnelles », détaille Fabienne Darritchon. Mais la structure cherche une salle, la nouvelle municipalité de Bagnols ayant refusé l'utilisation de la salle multiculturelle. Les organisateurs espèrent trouver un lieu dans une autre commune pour célébrer cet anniversaire en octobre.

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