Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la métropole, est en visite à Chengdu depuis lundi. Cette mégalopole chinoise de seize millions d'habitants, jumelle de Montpellier, incarne un urbanisme version XXL. Le ciel gris et la pollution n'entament pas l'ambition des décideurs locaux, qui pensent toujours plus grand.
Des échelles différentes, des expériences à partager
Saurel perçoit à la fois les points communs et les différences avec Montpellier. “Nous ne travaillons pas sur les mêmes échelles, mais nous avons beaucoup d'expériences à partager sur l'urbanisme”, déclare-t-il. Face aux responsables du bureau du planning de Chengdu, il évoque la planification héritée de Raymond Dugrand, adjoint à l'urbanisme de Georges Frêche. “Il avait gelé des terrains pour trente ans, affirmant la supériorité de l'intérêt public sur les intérêts privés.” Les réalisations comme Antigone, Malbosc ou Parc-Marianne illustrent cette vision.
Un modèle français difficile à transposer
Les interlocuteurs chinois peinent parfois à comprendre le modèle français. Shen Zhaopeng, de l'Institut du planning, demande si le Scot et le Plu permettent de réguler le développement. Saurel explique que le Scot ne sanctionne que sur l'environnement et que le Plu devient Plui. “Oh, cela devient compliqué”, répond l'expert. Quand une employée demande qui décide des nouveaux projets, Saurel répond “concertation” : “J'écoute les spécialistes, les élus, les citoyens. Mais à la fin, c'est moi qui signe.” Un modèle inapplicable à Chengdu, où tout est gigantesque.
Le gigantisme de Chengdu
L'avenue du Peuple, axe de deux fois quatre voies, s'étend sur 90 km bordée de buildings de verre et d'acier. Éclairée par des lampadaires en forme de lotus, elle relie le centre-ville au nouveau quartier Tianfu. Tianfu se développe sur 76 km² et devrait compter six millions d'habitants d'ici dix ans. Son maire, Liu Kenyan, annonce 50 000 nouveaux arrivants en trois mois. Face à ce projet, Parc-Marianne semble modeste. “Nous aurons bientôt un centre sino-germanique de recherche médicale et Stanford a ouvert une antenne”, ajoute-t-il.
Des infrastructures démesurées
Chengdu prévoit 24 lignes de métro d'ici 2020 et un nouvel aéroport international pour 90 millions de passagers par an avant fin 2019. Les précisions de Saurel sur les halles Laissac, un futur stade ou la règle “planter deux arbres quand on en arrache un” font sourire poliment les décideurs chinois, pour qui l'urbanisme ne se conçoit qu'en version XXL.



