Depuis le lancement du vaste chantier de rénovation urbaine à Pissevin, une locataire de la résidence Degas, située place Degas au cœur du quartier, exprime sa colère. Gérée par le bailleur social Habitat du Gard, cette résidence fait l'objet d'une opération de réhabilitation et de résidentialisation d'un montant de 63 000 euros par logement. Pour cette locataire, qui a requis l'anonymat, les désagréments sont nombreux et les bénéfices inexistants.
Un sentiment d'abandon et d'absence de concertation
Installée avec ses parents depuis 1978 dans ce logement, la locataire dénonce un manque criant d'information. Elle affirme avoir engagé un recours au tribunal administratif, avoir écrit à la préfecture et au défenseur des droits, sans obtenir de réponse. "À aucun moment, on ne nous a demandé quels étaient nos besoins", déclare-t-elle. Elle précise que les résidents ont été informés de la date de début des travaux, mais pas de leur fin, et qu'ils ont été sommés de vider leurs balcons dès le 29 juin 2026 pour permettre l'installation d'une isolation thermique extérieure. "Où mettre tout cela ? Aucune proposition de stockage n'a été faite", ajoute-t-elle.
La réponse d'Habitat du Gard
Contacté, le bailleur social Habitat du Gard assure que "les travaux sont conformes à la réglementation". Concernant les toilettes, la colonne d'évacuation des eaux usées contenant de l'amiante sera confinée dans un coffrage antibruit. Les gravats sont entreposés dans une zone inaccessible au public, derrière une clôture, puis dans une double enveloppe, en attendant leur enlèvement par un transporteur agréé. Pour les balcons, "l'aide d'une entreprise a été proposée aux locataires pour déplacer ce qui s'y trouve", rappelant que les balcons ne sont pas des lieux de stockage. Un agent de communication est présent sur place depuis février, et des réunions de concertation ont eu lieu.
Des travaux d'envergure dans le cadre de l'ANRU
Le projet concerne 97 logements des places Degas et Delacroix, pour un montant total de 6,1 millions d'euros TTC. Les travaux incluent la réfection complète des salles de bains (remplacement des baignoires par des douches, robinetterie, sol, peintures, faïences), des cuisines (évier, meuble, sol, peintures, faïences), l'isolation thermique extérieure, la rénovation des menuiseries et volets roulants, la fermeture des loggias avec brise-soleil coulissants, la rénovation des boîtes aux lettres, la remise en état des garages, le remplacement de l'éclairage des parties communes, de l'interphone et des portes d'entrée, ainsi que l'aménagement des espaces extérieurs avec création de places de stationnement et de cheminements piétons.
Des craintes sanitaires et un logement réduit
La locataire s'inquiète particulièrement de la découverte, durant la rénovation des WC, d'une colonne de tuyaux qu'elle juge potentiellement cancérigène. "Au lieu d'enlever un grave problème sanitaire, ils vont faire un coffrage de 10 cm. C'est inacceptable de subir un rétrécissement de pièce sans convention avec le locataire", dénonce-t-elle. Elle évoque également les nuisances liées à la démolition de trois immeubles à proximité : "Nous avons respiré la poussière au quotidien… De l'amiante, qui sait, car il y a un enclos avec écrit Amiante danger laissé à l'air libre depuis trois mois. Nos bâtiments vibraient comme s'il y avait un tremblement de terre, même la nuit".
Une demande de mutation restée sans suite
Selon Habitat du Gard, la locataire a demandé sa mutation pour un logement de 4 ou 5 pièces à Milhaud ou aux 7 Collines. En attendant, elle exprime son amertume : "La vie quotidienne de la Zup, on la connaît depuis des années. Ce n'est pas parce qu'on met de la peinture sur le béton que cela va changer le comportement des gens. Il y a la vie fantasmée des autorités et la vie réelle des habitants".



