Le Parlement européen a adopté mardi une interdiction des services d'intelligence artificielle (IA) capables de « dénuder » des personnes sans leur consentement, une mesure qui s'appliquera à partir du 2 décembre 2026. Cette décision, prise dans le cadre de la révision de la législation européenne sur l'IA (AI Act), vise à protéger les victimes, majoritairement des femmes et des enfants, contre des pratiques jugées humiliantes et dégradantes.
Un vote écrasant pour protéger les victimes
Lors d'une session à Strasbourg, les eurodéputés ont approuvé le texte par 423 voix contre 57. L'élu irlandais Michael McNamara (Renew, centre) a souligné que ces systèmes « humilient, dégradent et traitent comme des objets » leurs victimes. La mesure ne nécessite plus que l'approbation finale des 27 États membres, qui ont déjà donné leur accord provisoire en mai.
Une réponse à la polémique Grok
Cette initiative fait suite à l'introduction d'une fonctionnalité dans Grok, l'assistant IA d'Elon Musk, permettant de créer des deepfakes hyperréalistes de personnes dénudées à partir de photos réelles, sans consentement. Cette affaire avait provoqué un tollé et conduit à une enquête de l'UE.
L'interdiction s'appliquera à partir du 2 décembre 2026. À cette date, les IA devront intégrer des mesures de sécurité empêchant la génération de tels contenus.
Report des règles pour les IA à hauts risques
Parallèlement, les eurodéputés ont approuvé le report de l'entrée en vigueur de nouvelles règles encadrant les IA à « hauts risques », utilisées dans des domaines sensibles comme la sécurité, la santé ou les droits fondamentaux. Ces règles, initialement prévues pour août, seront désormais applicables au 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes, et au 2 août 2028 pour les IA intégrées à d'autres programmes.
La députée suédoise Arba Kokalari (PPE, droite) a salué ce vote, affirmant que l'UE « prend au sérieux le développement de l'IA, et que les politiques publiques peuvent s'adapter rapidement face aux évolutions technologiques ».



