Comment Nice est née au XIXe siècle grâce au plan régulateur de Scoffier
Comment Nice est née au XIXe siècle grâce au plan Scoffier

En 1825, l'architecte Jean-Antoine Scoffier imaginait un « plan régulateur » pour Nice : comment la Ville d’aujourd’hui est née au XIXe siècle. Au XIXe siècle, l’architecte Jean-Antoine Scoffier est chargé de dessiner ce que sera la ville de Nice à travers un plan régulateur de la ville.

Une ville en pleine transformation

Si, de nos jours, Nice présente une architecture homogène et harmonieuse, ce ne fut pas toujours le cas. Au début du XIXe siècle, la ville se limite au Vieux-Nice et au quartier du port. Pourtant, très étendu, le site offre des espaces encore vierges où l’on peut envisager une ville nouvelle. Reste encore à la dessiner de façon ordonnée et coordonnée. Un objectif que va se fixer Charles-Albert, duc de Savoie, roi de Sardaigne, dès 1814, lorsqu’à l’effondrement du Premier Empire, il récupère le comté.

La mission confiée à Scoffier

Pour répondre à sa demande, en 1825, le Conseil communal de Nice confie à Jean-Antoine Scoffier, architecte de la ville, la mission d’imaginer un Plan régulateur de la Ville dont les grandes lignes portent sur l’alignement des rues et leur esthétique, un plan inspiré par l’esthétisme de Turin. Ce travail achevé en 1828 est soumis au Conseil communal et envoyé au Roi de Sardaigne.

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Un plan en concertation Nice/Turin

Par lettres patentes du 26 mai 1832, Charles-Albert donne son approbation à ce Plan régulateur et en commente le projet. Il soutient le principe « d’expropriation pour cause d’autorité publique », fixe les bases des indemnités pour les expropriations et associe les particuliers à l’exécution des travaux. Le souverain se réserve aussi le droit de régler les litiges et les difficultés inhérentes à de tels travaux. Pour cela, il institue aussi la « Regia Delegazione » (Délégation Royale), organe composé entre autres du Président du Sénat, de l’Avocat fiscal général et de l’Intendant Général qui sur place agissait au nom du roi. Mais pour assurer le respect et l’exécution de ce Plan Régulateur, il ordonne la création d’une commission indépendante, le Consiglio d’Ornato (Conseil d’Ornement), composé de neuf membres : le premier Consul (maire d’aujourd’hui), le juge du canton, l’ingénieur de la province, le premier membre de la Commission de Police Urbaine, deux conseillers (nobles-bourgeois et artisan), deux personnes qualifiées dans les Beaux-Arts ainsi que l’architecte de la Ville.

Une vieille-ville à redessiner

Dès lors, le Consiglio d’Ornato devient l’organe directeur de la mise en application du plan Scoffier. Le chantier à venir est considérable. Il faut d’abord redresser, aérer, élargir les rues de la vieille cité, activer la construction d’égouts, travailler au nivellement régulier du sol, endiguer le Paillon pour pouvoir enfin le franchir et jeter dans la vaste plaine du Camp Long (la rive droite du Paillon) les bases d’une ville nouvelle en s’appuyant sur le faubourg Saint-Jean Baptiste.

Le Consiglio d’Ornato veille au bon ordonnancement des travaux dans les moindres détails. Les membres se réunissent dans le palais communal deux fois par mois. Toute question d’ordre urbanistique ou ornementale, tout percement de portes et fenêtres, constructions de balcons ou devantures d’enseignes devait recevoir son aval. Les décisions devaient être prises à la majorité des voix et les délibérations inscrites in extenso sur un registre tenu par le secrétaire et signées par tous les membres qui y avaient pris part.

Un héritage durable

Animée d’un réel souci esthétique et architectural, cette commission originale et novatrice va contribuer à donner à la Ville une unité stylistique. Malgré différents problèmes, notamment financiers, son œuvre fut poursuivie et finalisée par l’administration française, même après 1860. Mais c’est bien au Consiglio d’Ornato que les Niçois doivent leur ville d’aujourd’hui.

Sources : Il Consiglio d’Ornato : Les Archives du Conseil D’Ornement de la ville de Nice (1832-1860). Archives municipales de Nice.

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